INTERVIEW DU JOUR AVEC PAUL SALARD
Lors du Concours Européen de Piano de la Young Pianist Foundation organisé en mars dernier à Amsterdam, il a fait un strike en remportant tous les prix de cette compétition disputée au plus haut niveau international. Auréolé de ses beaux succès, Paul Salard nous a raconté sa passion du piano, ses bonheurs du moment et ses espoirs pour demain…
Il vient tout juste d’avoir 18 ans (le mois dernier), il est Niçois et tout dans son parcours de jeune instrumentiste laisse à penser que c’est un surdoué de la musique. « Wunderkind » (enfant prodige) du piano ? Paul Salard estime avoir commencé son apprentissage un peu tard, à l’âge de dix ans, pour relever de cette appellation. N’empêche que l’adolescent rafle la plupart des prix dans les concours d’excellence auxquels il participe. Élève au Conservatoire de Nice dans la classe d’Amédée Briggen, sa professeure favorite, il a brûlé les étapes de l’enseignement du piano pour voir se dessiner aujourd’hui devant lui les plus hautes destinées promises aux meilleurs solistes. Certes, il n’en est encore qu’au tout début de son chemin de notes et doit encore faire ses preuves, non plus en tant que brillant espoir mais en tant qu’artiste accompli, dans le circuit très fermé et concurrentiel des grands pianistes internationaux. Alors, pour l’heure, il se consacre pleinement à son art. Peaufiner sans relâche sa technique, apprendre les secrets du clavier, à raison de six à dix heures de pratique quotidienne… En octobre prochain, Paul Salard partira suivre les cours de la très prestigieuse Université des Arts de Berlin. Pour nice24, celui-ci a pianoté sur toute la gamme de ses émotions de jeune pianiste en devenir…

Comment êtes-vous venu au piano ?
Ma famille n’est pas du tout mélomane, à l’origine je m’engageais plutôt vers le monde du tennis. Mais il se trouve que mon papy avait dans son salon un vieux piano auquel personne ne prêtait attention et moi, je m’étais mis en tête de jouer Bohemian Rhapsody, la chanson du groupe Queen. Tout a débuté comme ça, j’avais regardé des sortes de tutoriels sur You Tube pour reproduire mécaniquement la gymnastique des doigts sur le clavier pour jouer l’air et voilà, je ne lisais pas la musique mais ça m’a permis de travailler ma première approche de la musique. A douze ans, je me suis présenté au concours d’entrée au Conservatoire de Nice, je me suis planté dans le morceau que je jouais mais en parlant avec les profs, ils m’ont accordé l’admission. C’est là que j’ai rencontré ma professeure Amédée Briggen, elle m’a tout appris. Grâce à elle, en moins de cinq ans, j’ai eu mon Diplôme d’études musicales, c’était en septembre 2023.
Que s’est-il passé depuis ?
Juste avant le Dem, en dehors du Conservatoire, j’ai rencontré mon autre professeur, le pianiste Nicolas Bringuier, en juillet. Amédée Briggen et Nicolas Bringuier comptent énormément. Ils m’aident à me préparer pour les concours, ils sont vraiment là pour moi. J’aime l’aura de ces professeurs et leur apprentissage qui se fait naturellement, d’égal à égal, comme une transmission. Avec eux, une vraie synergie s’est établie. Pendant toute ma préparation en amont au concours d’Amsterdam, ils m’ont accompagné, soutenu, prodigué leur savoir et leurs conseils. Ce concours, c’est l’aboutissement d’un travail de six mois mais ce n’est que le début. Dès qu’on a atteint un palier, il faut en franchir un autre. On ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Je suis motivé par la quête que je poursuis.
Comment définiriez-vous cette quête ?
Là où j’en suis, même si bien sûr il faut savoir discerner entre ses rêves et la réalité, j’aspire à devenir un soliste réputé, c’est ça, ma quête ! J’ai envie de donner le meilleur de moi-même pour vivre à fond ma passion pour la musique classique, pour Ravel avec qui je me sens une connexion particulière. Rien n’est jamais acquis. A Berlin, je vais travailler avec un nouveau professeur, le pianiste international Björn Lehmann, et j’en suis heureux ! Je veux apprendre de lui, travailler encore plus, me développer en termes de maturité musicale, trouver une vérité d’expression avec mon son, ressentir et partager le plaisir et l’émotion de jouer une œuvre avec un public. J’ai le goût de la scène. Ici à Nice, je n’ai pas encore eu l’occasion de vraiment jouer en public, si ce n’est pour des occasions en petit comité dans le quartier de Cimiez. J’aimerais jouer à l’Opéra de Nice, bien sûr plus tard...





