
Ce vendredi 27 mars 2026 restera dans les mémoires niçoises. En cette journée d’installation du nouveau conseil municipal, il y avait foule dans l’hémicycle et dans le public pour assister à l’arrivée des conseillers municipaux destinés à siéger autour d’Éric Ciotti, dont la liste est arrivée en tête des premier et second tours de l’élection municipale des 15 et 22 mars derniers.
Cette séance, présidée par Bernard Asso, doyen de l’assemblée, débutait après l’appel effectué par le benjamin, Alexandre Saradjian.
Une seule candidature pour conduire la majorité municipale durant le prochain mandat, celle d’Éric Ciotti, élu à l’unanimité des suffrages exprimés après le dépouillement effectué par les deux assesseurs, Alexandre Saradjian et Elise Cammas, assistés par la Direction des Assemblées.
« Être le maire de cette ville, c’est accepter d’en être le premier serviteur et le premier défenseur »

Très ému, après avoir reçu l’accolade de son équipe et de ses proches, Éric Ciotti était ceint de l’écharpe tricolore de Maire des mains de Franck Terrier, héros de la nuit tragique du 14 juillet 2016.
« C’est avec une profonde émotion que je me tiens devant vous aujourd’hui », étaient les premiers mots du nouveau Maire de Nice. Un discours qui s’adressait d’abord aux Niçoises et aux Niçois : « Je mesure pleinement le poids de la confiance que les Niçois ont choisi de m’accorder. Cette confiance m’honore autant qu’elle m’oblige. Être le maire de cette ville, c’est accepter d’en être le premier serviteur et le premier défenseur. Dimanche dernier, par la force de la démocratie, les Niçois ont fait le choix souverain de l’espérance et du renouveau. Nice ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de sa longue et grande histoire ».
Mais avant d’écrire cette nouvelle page, Éric Ciotti a choisi de rappeler les différents pans de sa mémoire. De son histoire. « De grands maires ont façonné le visage de Nice, ont sculpté ses quartiers, ont gravé leur nom dans la pierre et dans nos mémoires. Virgil Barrel. Jacques Cotta. Jean Médecin. Jacques Médecin.
Jacques Peyrat. Chacun a bâti. Chacun a laissé une trace ».
Le nouveau Premier magistrat a également tenu à « adresser un salut républicain à mon prédécesseur, Christian Estrosi. Consacrer dix-huit années de sa vie à la tête de notre métropole appelle à la reconnaissance ». L’occasion ainsi de clore définitivement le chapitre de la campagne électorale, « âpre… Mais elle appartient désormais au passé », a affirmé Eric Ciotti, le regard désormais tourné vers l’avenir, « un avenir qui appartient aux Niçois ».
« Devenir le Maire de Nice est sans conteste l’honneur de ma vie »
Rappelant son engagement sur les bancs de l’Assemblée nationale depuis 2007, Eric Ciotti a toutefois appuyé : « Devenir le Maire de Nice est sans conteste l’honneur de ma vie ».
Niçois de naissance, niçois de cœur, il a ainsi clamé : « Nice coule dans mes veines. Mon arrière-grand-père, mon grand-père et mon père tenaient la quincaillerie familiale sur le boulevard Jean-Jaurès. Un de mes ancêtres, tailleur de pierre, a participé à la construction de l’Opéra de Nice. Ma mère enseignait à l’école Saint-Barthélemy. J’ai grandi dans ces rues. J’ai fondé ma famille à Nice. J’ai élevé mes filles à Nice… Je suis l’enfant de cette terre, de ces quartiers, de ces couleurs. Nice m’a légué des valeurs : la liberté, l’audace, l’engagement républicain, l’amour inconditionnel de la France. Et ces valeurs sont un héritage. Être Niçois, c’est porter l’héroïsme de Catherine Ségurane et la bravoure de Garibaldi. C’est s’inspirer du courage de Max Barel et de la soif de liberté de René Cassin. C’est hériter de la force morale de Simone Veil et du patriotisme de Max Gallo ! »
Des racines niçoises mais qui ont également « poussé » à Saint-Martin-Vésubie, « mon village, “Juste parmi les nations” pour avoir sauvé des familles juives de la barbarie durant la Seconde Guerre mondiale. Je pense à mon grand-père artisan-menuisier, prisonnier de guerre. Je pense à ma grand-mère dont une bougie brille à la synagogue de Nice pour avoir accueilli des juifs à l’été 1943 à Saint-Martin. Je pense à mon oncle résistant dans les maquis de Corrèze ».
« Cette équipe, c’est le visage de Nice ! »

Le nouveau Maire de Nice a ensuite souligné le rôle essentiel de son équipe, des 51 membres qui la composent, « pour transformer notre ville de Nice.
« Ils sont issus de tous les quartiers, de tous les métiers, de toutes les générations, de toutes les confessions ! Cette équipe, c’est le visage de Nice ! »
Une équipe différente, mais aussi une politique menée différemment : « Je veux une nouvelle manière de mener l’action municipale. Nice a besoin de retrouver l’apaisement. Le temps des décisions solitaires et de la verticalité est révolu. L’opposition pourra se faire entendre et l’opposition sera écoutée ! Pour cette nouvelle page de l’Histoire de Nice, je veux ouvrir une ère de respect, de dialogue et de bon sens ».
Un dialogue ouvert, donc, avec l’opposition mais aussi les partenaires institutionnels : « Dès aujourd’hui, la Mairie, la Métropole et le Conseil départemental travailleront au diapason, en parfaite cohérence. Main dans la main ». Éric Ciotti a ainsi salué le Président du Département, Charles-Ange Ginésy et souligné le message d’encouragement du Président de la Région.
Dans ce souci de dialogue, le Premier magistrat s’est également adressé aux agents municipaux : « Je serai un maire qui vous écoutera, qui vous respectera et qui vous protègera ».
Eric Ciotti a ensuite évoqué la ville de Nice, ville de souffrances, mais aussi d’espérances.
« Être Maire de Nice, c’est être le dépositaire d’une douleur qui ne s’éteindra jamais : celle de la nuit tragique du 14 juillet 2016. Je veux m’incliner avec un respect absolu devant la mémoire des 86 victimes arrachées à la vie sur la Promenade des Anglais, ainsi que devant les martyrs de notre basilique Notre-Dame. Nous ne les oublierons jamais ».
Nice, ville d’inspiration également, « une ville-lumière. Ses collines, ses paysages, son climat et sa beauté ont ébloui Matisse, Chagall, Klein, Cocteau et tant d’autres, qui en ont fait une terre d’inspiration et de création ».
L’augmentation de la taxe foncière effacée dès le mois d’avril
Dans une deuxième partie, plus politique, le Maire de Nice a ainsi dénoncé « une ville à deux vitesses ».
Une ville allant de Las Planas, « avec des ascenseurs en panne depuis des mois, des logements indignes, des habitants privés d’eau chaude » jusqu’aux « plus prestigieux hôtels de la Côte d’Azur ».
Afin d’y remédier, Eric Ciotti a ainsi promis : « L’action municipale sera plus que jamais au service de chaque Niçois dans chacun de nos quartiers ».
Ainsi, première décision en faveur du pouvoir d’achat des Niçois, « dès le mois d’avril, nous effacerons l’augmentation insoutenable de 20% de la taxe foncière ».
Enfin, le Maire a également déclaré : « L’argent des Niçois appartient aux Niçois. Chaque euro dépensé le sera pour eux, à leur service ».
« Nous allons reconquérir Nice, rue par rue, quartier par quartier »
Voilà pour les comptes publics, pour lesquels Eric Ciotti « exige devoir et respect ».
Il a ensuite abordé la sécurité des Niçoises et des Niçois, « le refus absolu de la loi de la jungle, de la loi du plus fort, de l’intimidation… Quand un quartier bascule dans le narcotrafic et la violence, c’est la République qui recule. Je ne l’accepterai jamais ».
Un discours ferme ponctué par des mots forts. Très forts. « Nous allons reconquérir Nice, rue par rue, quartier par quartier. Nous doublerons le nombre de policiers municipaux sur le terrain d’ici dix-huit mois et nous rouvrirons des postes de police au cœur des quartiers les plus touchés par la criminalité ».
Avec une pensée et une phrase de gratitude « pour tous les serviteurs de l’État engagés à Nice, nos policiers, nos pompiers, nos agents pénitentiaires ».
Rénovation de logements, création de mille nouvelles places de crèche…

Sur la thématique du cadre de vie quotidien des familles niçoises le Maire a fait également quelques promesses : « Dès les prochains mois, nous lancerons un plan massif de rénovation des logements de Côte d’Azur Habitat. Nous créerons mille nouvelles places en crèches et nous déploierons la climatisation dans toutes nos écoles. Nous apporterons un soutien absolu à notre Centre Hospitalier Universitaire, à Lenval, et à nos soignants… »
La « fenêtre » à peine fermée, un nouveau volet était abordé, celui de l’économie : « Protéger les Niçois, c’est soutenir les créateurs de richesse, c’est vouloir faire de Nice une capitale économique de la Méditerranée », en parvenant à augmenter, par exemple, « nos taux d’emploi ».
Les commerces, bien sûr, seront soutenus, le tourisme d’affaires relancé, de nouveaux talents formés afin que Nice devienne « un grand pôle d’excellence universitaire ».
Ainsi, l’ensemble du territoire trouvera le développement qu’il mérite.
Un ambitieux cap fixé
Mais remettre de l’ordre dans la ville de Nice, c’est aussi le remettre dans la plaine du Var « pour en finir avec le chaos urbanistique. Nous garantirons l’avenir stratégique du MIN et réveillerons l’immense potentiel de nos quartiers Est ».
Eric Ciotti souhaite également « réaffirmer notre force de grand carrefour européen », en bâtissant « un partenariat stratégique puissant avec Monaco et l’Italie ».
Dans ce premier programme ambitieux, l’environnement tient bien évidemment une grande place. « L’écologie que je défends n’est pas celle de la punition, de la contrainte ou de l’alibi artificiel, c’est celle du bon sens et de l’enracinement… Nous ne sommes pas de simples habitants de passage dans cette ville : nous en sommes les gardiens ».
Tout comme la culture, « qui sera aussi au cœur de notre action… Car la culture à Nice n’est pas un supplément d’âme, c’est notre identité profonde. Et je vous le dis, nous ferons de Nice la capitale européenne de tous les arts. Une capitale pour les artistes, qui auront les moyens de s’exprimer, la capitale d’une culture populaire, ouverte à chaque Niçois.
Un Maire rassembleur
Voilà pour le cap fixé par le nouveau Maire. Un Premier magistrat qui s’est voulu rassembleur.
« Notre ville a été fracturée par les tensions. Mais ce qui nous unit aujourd’hui est infiniment plus grand que ce qui a pu nous diviser : c’est l’amour viscéral de notre ville. Place à l’apaisement. Place à l’action. Je serai le maire du terrain. Le maire de l’écoute. Le maire de la réconciliation. Le maire des solutions. Le maire du bon sens. Je serai le maire de tous les Niçois… À l’image des grands maires bâtisseurs qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre ce joyau aux générations futures. Nous allons construire la Nice que nos enfants seront fiers d’habiter, dignes de l’héritage qui nous a été transmis. Une Nice forte. Une Nice fidèle à son passé, et souveraine de son destin ».
Une Nice qui vient bel et bien d’ouvrir un nouveau chapitre. Un nouveau pan de son histoire…


