Ouvert en 1990, face aux pistes de l’aéroport, ce parc de 7 hectares de verdure s’est enraciné comme un atout touristique de Nice. « Chaque année, nous accueillons 350 000 visiteurs », se félicite Jean-Michel Meuriot, chef de service de ce jardin pas comme les autres.
En trente-six ans d’existence, le parc Phoenix est devenu un atout touristique indéniable. Chaque année, 350 000 visiteurs viennent découvrir le « diamant vert » – serre de 7 000m2, la plus grande d’Europe à la livraison de ce chantier pharaonique – et parcourir ses 7 hectares de verdure estampillés « jardin remarquable » par le ministère de la Culture. « De parcs et jardins ainsi labellisés, il y en a trois à Nice, pointe Jean-Michel Meuriot, ingénieur horticole et chef de service du parc Phoenix. Vous avez le jardin botanique situé sur la Corniche Fleurie, le jardin du musée Masséna et le parc Phoenix. C’est tout ! » Aménagé sur un ancien marécage, à l’emplacement du bien-nommé « carrefour des grenouillères », ce parc qui sert aussi de refuge aux pensionnaires à poils, à plumes ou à écailles ( notre prochain volet à paraître mardi prochain ) a trouvé sa place et son public. La preuve ! La chasse aux œufs de Pâques qui a fait carton plein : « 16 000 visiteurs sur le parc en trois jours, c’est excellent » se félicite Jean-Michel Meuriot. Rencontre.
La fréquentation du parc est-elle à la hausse ?
Cela a été le cas jusqu’au confinement du Covid qui a littéralement cassé notre courbe de progression. Aujourd’hui, nous sommes en train de rattraper la fréquentation d’avant 2020, soit 350 000 visiteurs par an. La nouvelle entrée du parc aménagée face à l’arrêt du tram nous a beaucoup aidés. C’est plus simple, plus pratique pour le public. S’ajoute aussi les événements organisés sur le parc qui le mettent en lumière. Et cela se traduit par des entrées à la hausse. Cas de la chasse aux œufs de Pâques, début avril, qui en trois jours, a attiré 16 000 visiteurs. Ce qui est un excellent résultat.
Combien d’œufs en chocolat aviez-vous caché dans le parc ?
C’était des œufs en bois pour éviter qu’ils ne fondent au soleil avant d’être trouvés par le jeune public ! Le principe de la chasse repose sur des énigmes à résoudre afin de remplir son panier d’œufs en bois. A ce jeu-là, tout le monde a gagné bien sûr ! Et du vrai chocolat, puisque nous en avions acheté plusieurs centaines de kilos pour cet événement qui est devenu l’un des grands rendez-vous à succès du parc.
350 000 visiteurs par an et combien de recettes ?
Entre les entrées et la location des salles du parc pour des manifestations, nous tournons à 900 000 de recettes par an. Cela pour un budget annuel de 700 000€ ( hors salaires des employés municipaux) dont les deux-tiers vont à la sécurité du parc. Nous ne sommes pas un jardin ordinaire ! Ici, c’est un espace classé et labellisé pour son environnement qui est aussi et surtout un établissement recevant du public. A ce titre, il est fermé, clôturé, hautement sécurisé et surveillé avec la présence d’une cinquantaine de caméras de vidéo-surveillance.
Quel est le public du parc Phoenix ?
C’est avant tout un parc familial, d’où l’importance, dans notre budget de fonctionnement, du poste sécurité. Un tiers du public accueilli sont des familles avec enfants, de nombreuses assistantes maternelles du quartier. S’ajoutent les scolaires, dont les écoliers, ainsi que les enfants malades de l’hôpital Lenval qui viennent visiter le parc et participer à nos ateliers pédagogiques sur la flore et la faune. Il y a sept ans, juste avant le Covid, le parc s’est enrichi d’un parcours accrobranche pour répondre aux attentes de notre jeune public. Cette nouvelle activité a d’ailleurs boosté la fréquentation du parc. Outre ce public local, nous recevons aussi beaucoup de touristes. Tous des amoureux de la nature épris de jardins extraordinaires. En tête, les Italiens et les Britanniques, suivis par les Allemands, les Hollandais. Il faut dire que le parc Phoenix est classé depuis douze ans parmi les « jardins remarquables ».
En quoi le parc est-il un « jardin remarquable » ?
Nous avons plus de 3 000 variétés de plantes différentes dont une collection labellisée de sauges. En déambulant sur le parc vous passez des paysages de garrigues, à la végétation des vallons obscurs tout en traversant la flore des îles Canaries ! Au total, il y a une vingtaine de jardins à thème à admirer. Et la serre, notre « diamant verre », héberge de très belles collections d’orchidées et de palmiers, dont le royal. D’ailleurs, depuis l’ouverture du parc en 1990, nous en sommes à la 3e génération de palmier royal accueilli sous notre serre.
Pourquoi sont-ils tous morts, ces palmiers royaux ?
Ils ne sont pas morts ! Au contraire, ils sont trop prospères ! Quand on les plante, ils mesurent 2 mètres de haut, pas plus. Au fil des ans, ils s’étoffent et grandissent vite pour frôler les 25 m de hauteur si bien que leurs palmes menacent de briser le toit en verre de la serre. Nous sommes obligés de les couper. C’est un vrai crève-cœur, mais impossible de faire autrement. Le palmier royal ne peut pas vivre, chez nous, à l’air libre. Ça ne tient pas. Le moindre coup de gel le tuerait. C’est ainsi que, dans notre serre tropicale, nous hébergeons la 3e génération de palmier royal.
D’autre spécimen à voir dans votre « jardin remarquable » ?
Il y en a plein ! Outre les plantes succulentes, aromatiques, méditerranéennes à contempler, vous avez un olivier âgé de plus de 250 ans, ainsi que l’érythrine, ou arbre corail en raison de ses fleurs rouges, qui est centenaire !
Le parc Phoenix, à suivre mardi prochain…
Bon à savoir
Ouverture : Situé face à l’aéroport international de Nice, au 405 Promenade des Anglais, le parc Phoenix est ouvert tous les jours de 9h30 à 19h30 (horaire d’été applicable du 1er avril au 30 septembre). A partir du 1er octobre, horaires d’hiver de 9h30 à 18 heures. Il n’observe que deux jours de fermeture par an : le 25 décembre et le 1er janvier.
L’accès au parc s’effectue uniquement par l’entrée située en face de l’arrêt du tramway, l’ancienne, côté Arénas, ayant été supprimée.
Tarifs : L’entrée au parc est payante. Le prix est de 5,50€ plein tarif ; 3,20€ tarif réduit sur présentation de la carte Pass Musées de Nice, de la carte d’étudiant et pour les jeunes de 12 à 18 ans. C’est gratuit pour les moins de 12 ans. Enfin des visites guidées (6,50€ par personne) sont organisées sur réservation par mail à parcphoenix@ville-nice.fr.
Contacts : Pour plus d’infos, contacts du parc phoenix tél. 04.92.29.77.00. ou sur le site internet www.parc-phoenix.org.
Repères
- 1990 : date de l’ouverture du parc Phoenix. Les travaux ont duré 26 mois et ont mobilisé près de 80 entreprises pour réaliser, face à l’aéroport international de Nice, ce parc de verdure à l’emplacement d’un ancien marécage.
- 260 millions de francs, soit aujourd’hui 40 millions € : c’est le coût d’aménagement du parc qui inclut les travaux de construction du « diamant verre », à l’époque, la plus grande serre d’Europe.
- Prouesses techniques : Sur ces eaux marécageuses, il a fallu créer de toutes pièces des vallons artificiels pour isoler les racines de certaines plantations. Pour ce faire, ce sont 14 000m3 de terre et 2 000 tonnes de rochers qui ont été utilisés.
- Jardin remarquable : Depuis 2011, le parc est labellisé « jardin remarquable » en raison de son intérêt botanique évident. Octroyé pour une durée de 5 ans par le ministère de la Culture, ce label a été renouvelé chaque fois.
- Phoenix : vient du nom du palmier « phoenix canariensis » palmier dattier des Canaries. Et bien sûr, il y en a toute une belle collection. Au total, le parc Phoenix compte 350 palmiers répartis en 52 espèces différentes dont 31 poussent sous la serre tropicale.






