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mercredi 28 octobre 2026

Tranché niçois, fini français (ou l’inverse)

Boris Martello a le sens du design et du détail. Parce qu’il il aime la randonnée, il s’est pris à se bricoler ses propres petits couteaux. L’idée a fait son chemin. Le voilà aujourd’hui coutelier à son compte depuis un an. Dans son atelier, il a créé un premier modèle de couteau, dans les règles de l’art de l’artisanat « made in France », et l’a baptisé « la lameta », petite lame en niçois. C’était de nature à aiguiser notre intérêt pour son travail…

Il est né et vit à La Trinité. Par commodité, il y a basé son atelier où il a imaginé, conçu, modélisé, manufacturé, bichonné le plus niçois des couteaux. Soit un canif dont la lame se replie dans le manche, qui a tout d’un véritable concentré de haute précision et d’amour du pays nissart. Alors, forcément, cette petite merveille avait un nom tout trouvé, lameta, qui en dit long sur son créateur. Boris Martello s’est improvisé artisan coutelier avec un infini respect des belles choses du métier. Autodidacte de la profession, il vient de passer cinq ans à peaufiner sa version de ce couteau signature et dans le même temps, a lâché son travail d’ingénieur pour cette reconversion en fine lame. M – Maison Martello, qui a vu le jour il y a un an, est ainsi devenue son bébé, sa coutellerie artisanale. L’entreprise est modeste mais voit grand en termes de qualité, d’exigence produit et de raffinement. Coutellerie haut de gamme assurément ! Authenticité garantie et du cœur à l’ouvrage. Dans ses choix de matériaux, dans ses procédés de fabrication, il a tout bon, Boris ! « Pour ma lameta, je voulais lui donner une forme qui évoque l’olive et finalement je suis arrivé à ce galbé qu’on a bien en main, explique celui-ci. Le bois d’olivier, arbre emblématique de nos rivages, s’imposait pour la fabrication. Après bien des essais infructueux, des tâtonnements, avec l’aide de la haute technologie pour réaliser un prototype modélisé en 3D, j’ai fini par aboutir à un résultat séduisant, j’espère. »

Tout un concept

Pas de doute en effet, la lameta coche toutes les cases de l’objet du désir. Elle est racée, élégamment profilée. Le manche en bois d’olivier est ciré avec un baume maison. La dragonne, c’est-à-dire le cordon au bout du couteau, est en cuir français. Aucun détail n’a été laissé de côté à chaque étape de la réalisation. « Comme je vous le disais, entre les esquisses préparatoires et le modèle concret, il y a un monde avant de venir à bout des embûches mais on apprend de ses échecs, sourit Boris Martello. La lameta nécessite des paramétrages rigoureux, toutes ses différentes pièces sont assemblées au dixième de millimètre près pour des ajustements très précis. C’est un travail qui relève du fait main, avec l’aide de machines… » Et la lame dans tout ça, me direz-vous, qui est tout de même la pièce à conviction de la qualité du produit ? En acier inoxydable, son nom de lameta discrètement gravé dans le métal, elle vient tout droit de la ville de Thiers, la capitale de la coutellerie française où l’artisan la fait faire sur mesure. Le label 100% made in France, ce dernier y tient beaucoup. C’est un gage de fini impeccable, d’originalité créative dont la maison Martello fait preuve à plus d’un titre.

Identité niçoise

Une puce électronique a par exemple été insérée dans le manche pour qu’on puisse y formuler un message personnalisé avec photos qu’il suffit de scanner avec son smartphone pour en découvrir le contenu. Le message parvient ainsi au destinataire du couteau. Tout un jeu d’attaches autour de l’étui du couteau, avec un cachet en cire portant les armoiries du Comté de Nice, participe aussi de cet esprit « couture » de la lameta. Les armoiries du Comté de Nice, on les retrouve encore sur la crosse du canif, à la façon d’un poinçon métallique logé dans le bois. Poinçon surmonté de la couronne au-dessus de l’aigle du blason niçois, mais en fait, celle-ci fait corps avec la base de la lame. Quand le couteau est replié, la couronne vient alors coiffer le haut du couteau de son ciselé. Où on en revient à la valeur cardinale de la lameta, son identité niçoise. Tout part de là en fait. « Plein de régions en France ont un couteau qui leur est associé, constate Boris Martello, la vendetta en Corse, l’opinel en Savoie, le 32 à la Réunion… J’ai eu envie de créer un couteau qui évoque le Comté de Nice grâce à ces petits indices, qui s’inscrive dans cette identité d’un terroir… » Pari réussi, haut la main ! Longue vie à la lameta ! 

M – Maison Martello, coutellerie artisanale / www.maison-martello.com

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