mer. 28 Oct. 2026
15.5 C
Nice
15.5 C
Nice
mercredi 28 octobre 2026

“Maintenir un haut niveau de sécurité pour l’ensemble des passagers, et pour les usagers de l’aéroport”

Abdel Bouzelmat, commissaire de police, est chef du service aéroportuaire de Nice, au sein de la Direction nationale de la police aux frontières. Missions, moyens, enjeux, le commissaire fait le point en cette fin de période estivale dont les mois de juin juillet et août représentent 1/3 de l’activité de ses équipes, du fait du nombre de passagers qui transitent par l’aéroport : pas moins de 5 millions sur ces trois mois. Rencontre.

  • En quoi consistent vos missions ?

Elles sont nombreuses et variées. Nous sommes en charge du contrôle transfrontalier des personnes, de la lutte contre la fraude documentaire, et donc contre l’immigration illégale, mais aussi, de la sûreté, qui consiste à faire en sorte que tout ce qui rentre dans la « zone avion » soit « safe », grâce à divers contrôles, pour la sécurité des passagers.  Nous devons aussi assurer la sécurité extérieure, c’est-à-dire « côté ville », avec des patrouilles de police classiques. Par ailleurs, nous gérons l’attribution des badges et les autorisations d’accès (près de 11 000 cette année), ou encore les déplacements officiels de personnalités avec accueil protocolaire.

  • Vous parlez de contrôle transfrontalier, il y a donc une frontière au sein même de l’aéroport ?

Oui, exactement. D’un côté, on a ce qu’on appelle la « zone avions », côté pistes, qui est une zone internationale régie par les lois de l’OACI (1). De l’autre, on a ce qu’on appelle le « côté ville » : c’est la France et l’espace Schengen. Ce sont nos lois qui y sont appliquées.

  • Comment assurez-vous ce que vous appelez la « sûreté » ?

Nous devons faire respecter les règles de sûreté aéroportuaire. C’est-à-dire faire en sorte que la personne qui passe les postes d’inspection filtrage (PIF) avant de monter dans l’avion, ne soit pas un danger pour les autres passagers. C’est par ces contrôles que l’on s’assure que tout ce qui rentre dans un avion soit complètement « safe ». Tout est contrôlé. Ce sont des événements comme la prise d’otage et le détournement du vol Alger-Paris à Marignane en 1994, ou encore l’attentat à l’explosif dans un vol Londres New-York qui s’est écrasé à Lockerbie, en Ecosse, en 1988, qui ont mené à l’instauration de ces règles, de plus en plus rigides. On nous appelle régulièrement pour lever le doute sur de potentielles munitions. Ces contrôles sont effectués par des entreprises de sécurité privées que nous contrôlons.

  • Comment contrôlez-vous ces entreprises ?

Nous réalisons quasiment 11 000 contrôles par an de ces sociétés. On fait des tests en situation opérationnelle, c’est-à-dire que nous allons nous mêler aux passagers et mettre dans nos bagages, par exemple, une grenade, désarmée bien sûr, et on va tester au hasard, pour évaluer l’application effective des mesures de sûreté existantes. S’il s’avérait que ces mesures n’étaient pas bien appliquées, l’entreprise serait soumise à de lourdes amendes, et pourrait perdre le marché et se voir remplacée. On a à ce jour un très bon taux de détection. Nous avons aussi deux chiens pour détecter les explosifs, tant côté ville que côté pistes, à temps plein, que nous gardons dans un chenil à l’intérieur de nos locaux de l’aéroport. On les utilise particulièrement pour les vols que l’on considère sensibles, comme, actuellement, celui pour Tel Aviv, par exemple.

  • C’est la police aux frontières qui est aussi en charge de vérifier qui entre sur notre territoire…

Oui, et on ne contrôle pas seulement pour la France, mais pour tout l’espace Schengen. Pour beaucoup de passagers, l’aéroport Nice Côte d’Azur est le point d’entrée dans cet espace. C’est le rôle des policiers placés dans les aubettes, ces cabines vitrées qui sont un passage obligé pour ceux qui entrent dans l’espace Schengen. On vérifie s’il s’agit de la bonne personne, si le document est authentique et à jour, et que cette entrée ne constitue pas un danger pour la population de l’espace Schengen. Quand on vérifie un passeport biométrique, de nombreux fichiers importants sont consultés, comme par exemple ceux d’Interpol… Si quelqu’un est fiché, et pas seulement fiché S, s’il est recherché, on le saura immédiatement. Nous sommes aussi équipés du système PARAFE, passage rapide aux frontières extérieures, pour les citoyens européens, ou issus de pays non sensibles, munis d’un passeport biométrique. Ce sont des portiques qui scannent les documents et le visage des passagers, et ne s’ouvrent qu’après cette vérification.

  • Qu’est-ce que vous regardez, pour ce type de contrôle ? Et que se passe-t-il lorsque vous détectez quelque chose d’anormal ?

On va d’abord regarder s’il s’agit d’un vrai passeport, d’un vrai visa… Que les correspondances biométriques existent, c’est-à-dire que les empreintes correspondent, etc. Si, en première ligne, on détecte une anomalie, c’est une deuxième ligne d’agents qui vient pour enquêter, creuser, et lever le doute, ou entamer une procédure… Quand une personne n’a pas le droit d’entrer sur le territoire, elle doit repartir immédiatement, avec le vol retour de l’avion qui l’a amenée quand c’est possible. Elle est placée dans une zone d’attente en attendant le vol retour, ou un prochain vol. Les compagnies sont obligées de les accepter sur un vol retour, sous peine d’amende.

  • Comment détectez-vous les faux documents ?

Nous avons un service dédié à la fraude documentaire, avec deux spécialistes, qui vont scruter les documents pour déceler ce qui pourrait faire d’eux des faux. Ils forment les policiers, mais ils ont aussi un rôle de formation pour le personnel des mairies, d’autres collectivités territoriales…  Auprès de tous ceux qui, dans leur profession, ont vocation à utiliser et viser des documents d’identité pour diverses formalités.

  • Vous avez aussi en charge la sécurité, sur l’aéroport…

Côté ville, nos effectifs patrouillent, interviennent pour des accidents, des vols, interpellent quand il le faut… Il n’y a pas moins de 90 magasins à l’aéroport, et c’est une véritable ville ! Nous avons des cellules de garde à vue, tout ce dont nous avons besoin pour être complètement autonomes. Nous assurons le côté judiciaire, avec des OPJ. L’an dernier par exemple on a eu affaire à des pickpockets dont le butin a fini par s’élever à 1 M 500 000 euros, en bijoux et montres. Nous traitons aussi le risque terroriste avec des équipements lourds. Nous travaillons en partenariat, en bonne intelligence, avec nos collègues gendarmes de la GTA, la DGAC, et les douanes.

  • Ça fait beaucoup de missions différentes !

Oui effectivement. Et le passager ivre dans l’avion, que le pilote ne veut pas emmener compte tenu du risque qu’il représente pour les autres, c’est aussi nous qui allons le chercher pour le faire descendre de l’appareil… Nous avons aussi parfois un rôle en termes de lutte contre les stupéfiants. Il y a quelques mois on avait eu des infos sur de potentielles mules. On a identifié une dame mexicaine de 67 ans qui se faisait passer pour une handicapée, en fauteuil roulant. On a quand même saisi 9 kilos de d’héroïne ! On travaille en partenariat avec les douanes à ce sujet, qui ont des chiens spéciaux pour détecter les stupéfiants.

  • Nice représente-t-elle des missions spécifiques, de par son flux de passagers et la venue de nombreux « people » ?

Oui, nous avons aussi la plus grosse unité de déplacements officiels (UDO) de France. Car nous enregistrons cette année près de 1500 visites officielles à l’aéroport de Nice. Ministre, présidents, rois… Le roi du Bahreïn, le Prince Albert II de Monaco… Pour toutes ces personnalités, il y a un accueil protocolaire de la part des gardes-frontières. Avec une prise en charge sur le tarmac, sans passer par les PIF. C’est un centre névralgique, toutes les personnalités, les célébrités, arrivent par l’aéroport, lors du Festival international du film de Cannes, le Mipcom, etc. On a aussi une unité dédiée sur l’aéroport de Cannes-Mandelieu.

Abdel Bouzelmat et son adjoint le Commandant divisionnaire Stéphane Renoux, sur le tarmac.
  • Avec quels moyens remplissez-vous vos missions ?

Nous avons un effectif d’environ 170 agents, pour toujours plus de passagers. Nous étions à 12 millions de passagers par an en 2022, il y en a eu 14,8 millions l’an dernier. Cette année, nous avons eu 6 journées avec 65 500 passagers, et nous avons même atteint 66 000 passagers le 4 août… Un record. Sans compter les 31 500 rotations de jets privés. Il faut absorber ces flux, tout contrôler, sans retarder. Nous avons des infrastructures de type poste de police dans chaque terminal. On sait que nous aurons toujours plus de passagers dans les années à venir. La réalisation du T2.3 permet d’accueillir jusqu’à 18 M de passagers… Nous devons maintenir un haut niveau de sécurité pour l’ensemble de ces passagers, et pour les usagers de l’aéroport, c’est notre seul objectif.

  1. Organisation de l’aviation civile internationale. Il s’agit d’un organisme des Nations Unies qui aide 193 pays à coopérer et à partager leur ciel au bénéfice de tous. Le soutien et la coordination de l’OACI, depuis sa création en 1944, ont aidé les pays à mettre en place, par des moyens techniques et diplomatiques, un réseau unique de liaisons aériennes mondiales rapides et fiables, qui relient les familles, les cultures et les entreprises du monde entier, et qui favorisent la croissance durable et la prospérité économique partout où volent les aéronefs.

L'info en continu

Nice et Apollinaire, un lien indissociable

TOUT AU LONG DE SON EXISTENCE, LA VILLE DE NICE OCCUPPERA UNE PLACE IMPORTANTE DANS LA VIE DU POÈTE...

Une affaire d’Etat : le scandale du XVe Corps (5e partie)

CINQUIÈME VOLET DE NOTRE HISTOIRE CONSACRÉE AU SCANDALE DU XVe CORPS D'ARMÉE, SURVENU AU COMMENCEMENT DE LA PREMIÈRE GUERRE...

Une affaire d’Etat : le scandale du XVe Corps (4e partie)

QUATRIÈME VOLET DE NOTRE HISTOIRE CONSACRÉE AU SCANDALE DU XVe CORPS D'ARMÉE, SURVENU AU COMMENCEMENT DE LA PREMIÈRE GUERRE...

Nice 24 vous souhaite un bon dimanche 20 septembre

Le temps sera ensoleillé du matin au soir. Les températures iront de 20 à 28 degrés. Nous fêterons les Davy.

Les illusionnistes du XXIe siècle !

Nous vivons tout de même une drôle d’époque… Un âge où le vide fait le plein ! L’ère de rien… Savoir cuire trois...

Vous pourriez être intéressé...