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« Plus un bébé est stimulé, plus tôt il aura des facilités et des appétences »

4000 « pichouns » de 3 mois à 3 ans ont fait aussi leur rentrée dans les crèches municipales pour attaquer une nouvelle année. Alors, les crèches font-elles le plein d’enfants ? Quid du personnel ? Quelles sont les nouveautés pour les tout-petits ? Gros plan avec Stéphanie Casalta, directrice de la petite enfance et de la famille à la Ville de Nice.

A cette rentrée, les crèches collectives sont-elles au complet ?

Nous avons au total 2 000 places dans nos structures d’accueil de la petite enfance – majoritairement en crèche collective – pour 4 000 enfants accueillis par an. Globalement, cela suffit pour répondre à la demande, sauf dans l’hyper-centre et sur le secteur de Cimiez qui sont un peu saturés. Mais ailleurs, il y a de la place ! A cette rentrée, nous avons rouvert le pôle « l’île des enfants » à l’angle des rues de Suisse et d’Angleterre. Cette halte jeux, (accueil parents enfants à la demi-journée, sans repas, inscriptions sur place, Ndlr) était très attendue dans le quartier.

Pourquoi ça coince à Cimiez et dans l’hyper-centre ?

A la différence des écoles, nous ne sommes pas sectorisés. L’adresse du domicile familial ne conditionne pas le choix de la crèche collective, qui est un service facultatif, contrairement à l’École qui est obligatoire. En fait, les parents peuvent inscrire leur bébé dans une structure proche de leur lieu de travail, de leur domicile, ou celui des grands-parents, oncles, tantes… C’est eux qui choisissent ! D’où une gestion en dentelle, donnant dans le sur-mesure.

C’est quoi exactement cette « gestion en dentelle » ?

Grosso modo, une crèche collective comprend 40 places. Sauf que nous ne comptons pas en place mais en taux d’occupation. Nos structures fonctionnent de 7h30 à 18h30, cinq jours sur sept. En principe, un enfant n’est jamais présent en crèche tout au long de la semaine, du matin au soir, mais trois ou quatre jours à des horaires variés. Cela veut dire que pour une même place, il y a des créneaux horaires libres où l’on pourra caser un ou deux bébés en plus. C’est cela le taux d’occupation d’une place qui implique une «gestion en dentelle » pour satisfaire la demande des familles, sans alourdir pour autant les missions du personnel de la petite enfance.

Et les crèches familiales, avec les assistantes maternelles, font-elles aussi le plein ?

Nous avons dans notre réseau municipal trois crèches maternelles pour un total de 128 places. (Voir encadré ci-dessous) Nous manquons d’assistantes maternelles agréées par la Ville qui gardent à leur domicile les enfants et nous en recherchons.

Quelle est la politique de recrutement du personnel de la petite enfance ?

Nous sommes très exigeants au niveau du recrutement. Quand on sent qu’une personne n’a pas la motivation ni l’envie de travailler avec des petits enfants, on met fin très rapidement. Même si elle présente tous les diplômes requis. En revanche, nous sommes ouverts à l’apprentissage. Cette année, 17 apprentis travaillent dans nos services de la petite-enfance, et nous les suivons et encadrons. On accompagne aussi notre personnel voulant passer des diplômes, ce qui permet de stabiliser nos effectifs avec moins de « turnover ».

En avril dernier, s’est tenu le procès de l’ex-employée d’une crèche à Lyon, condamnée à 25 ans de prison pour avoir mortellement empoisonné un bébé de 11 mois avec du produit « Destop ». Cette affaire avait ému la France entière et provoqué un électrochoc. Comment se prémunir contre de tels drames ?

Tout d’abord, les faits se sont déroulés dans une micro-crèche où l’ex-employée était seule avec les bébés. Chez nous, dans nos crèches collectives, aucun personnel n’est jamais laissé seul avec les enfants. A aucun moment. S’ajoute la traçabilité des produits. Rien n’est laissé en libre accès. Les produits ménagers sont enfermés dans des placards spéciaux dont seuls les agents d’entretien ont les clefs. Bien sûr, on n’est pas à l’abri d’un geste de folie. Mais encore une fois, nous sommes très sélectifs sur le choix de nos personnels et au moindre doute, on préfère ne pas recruter. Notre personnel est suivi, encadré, avec une évaluation tous les trois mois. Nous avons aussi développé une culture du signalement. Et ce process s’applique à tous les personnels de la petite enfance, pour être le plus réactif possible dans l’intérêt des enfants.

Travailler dans la petite enfance est-ce difficile ?

Oui, la pénibilité du métier est reconnue, car on travaille dans le bruit en se levant et en se baissant constamment. C’est éprouvant physiquement. Pas un hasard si lors des recrutements, nous sommes si attentifs à la motivation et à l’envie des candidats de travailler avec des bébés et jeunes enfants. L’un des axes de notre réflexion est de trouver des gestes, des astuces, des bonnes postures à adopter afin d’alléger la pénibilité du métier. Cela va dans le sens de l’amélioration des conditions de travail. Comme nous développons aussi nos formations, avec cette année, une nouveauté : une conférence pour tous à la rentrée. Ce séminaire, qui s’est tenu le 27 août à la fac de Droit, a réuni dans le grand amphi 700 professionnels de la petite enfance, des agents d’entretien, auxiliaires de puériculture, encadrants, etc. Le thème : la culture de l’accompagnement à la parentalité.

Est-ce à dire qu’aujourd’hui les parents sont plus compliqués qu’avant ?

Non, il s’agit d’associer les familles à la réflexion sur la gestion de leurs enfants.  Souvent, les jeunes parents sont un peu perdus et beaucoup demandent des conseils. Plutôt que de leur dire « faites ceci, faites cela », on les amène à se questionner. Ce sont eux les parents, et ils savent mieux que quiconque ce qui convient ou pas à leurs enfants. Nous, on est là pour les guider au cas où. C’est cela l’accompagnement à la parentalité. Avec cette année un axe fort : les dangers des écrans et le sucre dans l’alimentation.  Plus on commence tôt la prévention, plus grand sera son impact. Nous avons déjà travaillé ces thèmes avec nos personnels. Cette année, nous passons aux familles, avec notre cycle de conférences à la parentalité et le « guide du parent nissart » qui vient d’être réédité.

A cette rentrée, quelles sont les nouveautés dans les crèches ?

Nous allons développer le volet culture. Les crèches vont aller aux musées, à l’opéra, comme à la Diacosmie pour découvrir les décors et costumes. Cela va s’ajouter aux douze compagnies artistiques qui interviennent dans nos structures pour monter des projets en danse, musique, arts plastiques. Pour la deuxième année, nous allons accueillir un volontaire européen. Ce sera un Italien qui viendra parler à nos petits dans la langue de Dante pour les plonger dans des bains d’initiation linguistique. Nous poursuivons aussi nos partenariats avec les sapeurs-pompiers et la police municipale. Ce qui permet à nos enfants de découvrir les soldats du feu, et les policiers de la brigade équestre.

Une manière d’ouvrir les portes des crèches sur le monde, en somme…

Exactement et chaque crèche a un projet pédagogique qui est choisi en équipe. Les bébés sont très réactifs aux rythmes, à la musique. Plus il grandit, plus il interagit avec son environnement. Les études ont montré que plus on éveille un bébé au monde qui l’entoure, plut tôt il aura des facilités et des appétences.

Repères

27 : c’est le nombre de crèches collectives municipales. Cela comprend les 24 crèches collectives, une halte jeux et deux haltes garderies.

3 crèches familles regroupant au total 46 assistantes maternelles réparties sur l’ensemble du territoire communal. Chaque assistante maternelle peut garder, chez elle, 3 enfants, voire 4 au maximum. Elles sont suivies, encadrées, contrôlées par les services de la petite enfance de la Ville.

 6 lieux accueil enfants parents, dont un dans les locaux de Nice + facile, rue Tonduti de L’Escarène.  Lieux d’information pour les familles, on y trouve aussi des espaces jeux pour les enfants, avec ludothèque. L’occasion pour les parents de jouer avec leurs enfants.

5 relais de la petite enfance accueillant les familles et les professionnels de la petite enfance.

2 000 : c’est environ le nombre de places proposées dans les structures municipales de la petite enfance de Nice pour 4 000 enfants accueillis âgés entre 3 mois et 3 ans.  L’accueil familial (assistantes maternelle) y est compris et totalise 128 places.

Cycle parentalité : ce sont les conférences avec des experts de la petite enfance. Il y en a une chaque mois traitant de l’alimentation, la santé, le sommeil, les dangers des écrans (téléphone portable, tablette, ordinateur, télévision) etc. Elles sont aussi à retrouver en ligne, en podcasts, sur le site de la Ville, www.nice.fr. Prochaine conférence, mercredi 17 septembre, de 18h30 à 20h30, à Nice + Facile, 6 rue Tonduti de L’Escarène, sur le thème : «  bien s’attacher pour mieux se séparer ». Inscription obligatoire / entrée gratuite.

Guide du parent nissart : réédité par la Ville, ce guide accompagne les parents pas à pas de la grossesse jusqu’aux 6 ans de leur « pichoun ». Avec des conseils, des bonnes adresses, des idées de loisirs, etc. Guide gratuit, disponible dans les mairies annexes, les relais de la petite enfance et à Nice + Facile, 6 rue Tonduti de L’Escarène.

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