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Albert Calmette : un savant niçois au service de la santé mondiale

Le 29 octobre 1933, une figure niçoise majeure de la médecine et de la recherche scientifique française disparaissait. Né le 12 juillet 1863 à Nice, Albert Calmette a laissé au monde un immense héritage notamment dans la lutte contre la tuberculose, grâce à la mise au point du vaccin BCG, qui a sauvé des millions de vies à travers le globe. Ses racines niçoises, souvent moins connues, ont marqué le début d’une carrière exceptionnelle.

Calmette passe son enfance dans le Vieux-Nice, quartier vibrant où se mêlent influences méditerranéennes et traditions niçoises. Fils du chef de cabinet du préfet, une plaque est d’ailleurs apposée sur le bâtiment, rue de la Préfecture, pour rappeler sa naissance à cet endroit. Il grandit dans un milieu modeste, mais son intelligence et sa curiosité le poussent rapidement vers les études. Après un début de scolarité niçoise il étudie dans des lycées de Clermont-Ferrand, Saint-Brieuc, Brest, puis Paris. En 1881, il intègre l’École navale de Brest, puis se tourne vers la médecine, une discipline qui le passionne depuis l’adolescence.

Il se spécialise en bactériologie, une science en plein essor à la fin du XIXe siècle. En 1891, il rejoint l’Institut Pasteur, où il travaille aux côtés de Louis Pasteur lui-même. Cette rencontre sera décisive : Calmette y développe une approche rigoureuse et humaniste de la recherche médicale.

En 1894, Calmette est envoyé à Saïgon pour y fonder un institut Pasteur. Il y passe près de vingt ans, étudiant les maladies tropicales et développant des sérums contre la peste et le venin de serpent. Ces années en Indochine renforcent sa conviction : la médecine doit être accessible à tous, quel que soit le lieu ou la condition sociale.

De retour en France en 1894, Calmette s’installe à Lille, où, dès 1895, il dirige l’Institut Pasteur local. C’est là, en collaboration avec Camille Guérin, qu’il met au point le vaccin BCG (Bacille de Calmette et Guérin) contre la tuberculose. Le vaccin est testé pour la première fois sur un nouveau-né en 1921, à l’hôpital de la Charité de Paris, marquant le début d’une révolution médicale. Aujourd’hui encore, le BCG est utilisé dans de nombreux pays, témoignant de l’héritage durable de Calmette.

Bien que sa carrière l’ait éloigné de Nice, Calmette n’a jamais oublié ses origines. Il revenait régulièrement dans sa ville natale, où une partie de sa famille résidait encore. Nice, de son côté, lui a rendu hommage : un monument a été érigé en son honneur, place Marshall, face à l’hôpital Saint-Roch. Et l’ancien lycée de jeunes filles, où fut scolarisée Simone Veil, porte désormais le nom du Professeur, rappelant aux Niçois l’importance de ce fils illustre.

Le monument à Calmette. (Photo Archives Nice Côte d’Azur).

Plusieurs hommages rendus par Nice à ce fils prodige

Selon les archives Nice Côte d’Azur, C’est en 1835, sur l’initiative du docteur Fernand Barbary, membre correspondant de l’Académie de Médecine à Nice, qu’il est envisagé d’ériger un monument à Albert Calmette dans sa ville natale, dont la réalisation est confiée à Louis Maubert (1875-1949).

Surnommé « le sculpteur des rois », le statuaire parisien était déjà l’auteur, à Nice, de la statue de la reine Victoria, devant le Régina à Cimiez, qui, là encore, faisait la belle aux petits Niçois remettant leurs bouquets à la souveraine britannique, de la statue de Gambetta, fondue durant la deuxième guerre mondiale, ou du buste de François Grosso.

Sur le socle du monument en pierre qui sera érigé en 1938 face à l’hôpital Saint-Roch, est inscrit : A ALBERT CALMETTE / SA VILLE NATALE / 8 AVRIL 1938 / SCULPTEUR LOUIS MAUBERT / ARCHITECTE ROBERT. L’originalité de la composition tient au choix de son thème central : les soignantes et non pas le médecin, qui ne figure qu’en médaillon, sous leurs pieds. C’est donc bien la représentation des deux infirmières, l’une tenant un bébé dans les bras, l’autre lui présentant une cuillère, que remarque le passant de la place Defly.

On a aussi donné son nom au lycée de jeunes filles de Nice en 1962 : parmi ses élèves les plus brillantes, une future ministre de la Santé, Simone Veil (1974-1979 et 1993-1995).

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