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André Hunebelle, un solide artisan du cinéma français

Il y a 40 ans disparaissait, dans notre ville, un de ces cinéastes qui ne remportèrent ni Oscar, ni César, ni Palme d’Or mais qui fit les beaux jours de ce « cinéma de papa » cher au souvenir de tous les grands enfants que nous demeurons. Artisan talentueux et amoureux de son métier, André Hunebelle lança véritablement la carrière de Louis de Funès et offrit aux spectateurs d’innombrables petites pépites du cinéma populaire comme la saga des « Fantomas », celle des « OSS 117 » ou bien encore des magnifiques films de cape et d’épée tels « Le Capitan » ou « Le Bossu ».

DE LA MAGIE DU VERRE À CELLE DU GRAND ÉCRAN

André Hunebelle voit le jour le 1er septembre 1896 à Meudon, en Seine-et-Oise. Fils de Edouard Benjamin Joseph Hunebelle, ingénieur, Chevalier de la Légion d’Honneur, et de Marie Thérèse Garambois, il grandit au sein d’une famille aisée. Pour le jeune André, le cinéma n’est pas du tout une vocation puisqu’il prépare tout d’abord l’Ecole Polytechnique mais, quelques mois après le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, il devance l’appel et s’engage dans l’artillerie. Nommé brigadier puis maréchal des logis, il est envoyé à Fontainebleau pour suivre les cours de perfectionnement de l’artillerie à pied. Promus sous-lieutenant en mai 1917, il sera décoré de la Croix de Guerre en juillet 1918 et finira le conflit comme lieutenant de réserve en mai 1919.

En 1920, André Hunebelle rachète une usine spécialisée dans la fabrication d’objets en bois durci, dans le département de la Marne. Il va diriger cette usine jusqu’en 1926, date à laquelle elle est détruite par un incendie. Un an plus tôt, par hasard, il découvre le travail du verre en prenant des responsabilités dans une affaire de verrerie en difficulté. Dés lors il se passionne pour le métier et en apprend tous les aspects, devenant même créateur d’œuvres de grand talent. Entre Art Nouveau et Art déco, ses créations remportent un succès considérable et il ouvre même un magasin sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées à Paris. Décoré de la Légion d’Honneur en tant que directeur de général de société, il est également promu capitaine de réserve. Mobilisé en 1939, il est démobilisé en 1940 et commence à se reconvertir dans le cinéma.

DE LA PRODUCTION À LA RÉALISATION

En 1941, André Hunebelle devient tout d’abord producteur de films sous le label PAC (Production Artistique et Cinématographique), une société située rue Marbeuf à Paris. Il débute en produisant un mélodrame écrit pour Viviane Romance, « Feu sacré », mis en scène par Maurice Cloche. Cinq films vont suivre entre 1942 et 1948, date à laquelle il réalise son premier long-métrage, « Métier de fous », avec les acteurs Henri Guisol et Gaby Sylvia. C’est lui qui, dès l’année suivante, donne sa chance au talentueux Michel Audiard en l’embauchant comme scénariste et dialoguiste du film « Mission à Tanger », avec en vedette Raymond Roulleau. Tout au long de sa carrière de cinéaste, André Hunebelle va réaliser de nombreuses comédies comme « Monsieur Taxi », « Ma femme est formidable », « Méfiez-vous des blondes » ou encore « Taxi, Roulotte et Corrida ». Dans ce dernier, réalisé en 1958, il donne le premier rôle à Louis de Funès, un acteur jusque-là cantonné dans les petits rôles. Il tournera de nombreuses fois avec le génie comique du cinéma français, notamment la série des « Fantomas », dans laquelle le comédien, dans le rôle de l’inspecteur Juve, vole la vedette à un Jean Maris pourtant au sommet de sa gloire.

Spécialiste des films de cape et d’épée, il rencontre un immense succès avec des films comme « Les trois mousquetaires », « Cadet Rousselle », « Le Bossu », « Sous le signe de Monte-Cristo » ou « Le Capitan ». Enfin, il va réaliser toute une série de films mettant en scène les aventures de l’espion Hubert Bonnisseur de la Bath, ou OSS 117, un rôle que reprendra des années plus tard l’acteur Jean Dujardin. Dans les années 1950, il est un de ceux qui comprennent l’intérêt de l’ouverture du marché aux coproductions franco-italiennes, et collabore fréquemment avec les studios romains Da-Ma cinematografica. La quasi-totalité de ses films sont scénarisés par son propre fils, Jean Halain, qui a démarré aux côtés de son père en 1945 avec le long-métrage « Leçons de conduite », réalisé par Gilles Grangier. A partir des années 1970, la carrière du cinéaste commence à ralentir et, même s’il réalise deux films à succès avec les Charlots, son cinéma passe de mode… Le réalisateur se retirera du métier et c’est à Nice qu’il meut, en 1985, à l’âge de 89 ans.

Durant toute sa carrière, André Hunebelle aura attiré près de 90 millions de spectateurs dans les salles obscures et, aujourd’hui encore, ses films remportent un immense succès lors de chaque diffusion à la télévision…

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