Ces derniers jours, ce sont des toilettes qui ont défrayé la chronique. Du postérieur à la postérité.
Carat boudin
L’expression « couler un bronze » n’aura peut-être jamais aussi bien porté son nom. Quoique. Peut-être faudra-t-il mieux dire « couler un lingot », sur ces toilettes quelque peu exceptionnelles… en or massif. Tout à fait fonctionnelles, elles sont en réalité une œuvre d’art de l’artiste italien Maurizio Cattelan. Ces chiottes d’or, que l’artiste a baptisées « America », viennent de défrayer la chronique après une vente aux enchères à New-York, qui restera dans les annales : mises à prix à 10 millions de dollars, elles ont trouvé preneur à 12,1 millions de dollars (soit environ 10,5 millions d’euros). D’avis d’experts, ça c’est de la grosse commission ! Le nouveau propriétaire, qui a souhaité garder l’anonymat, osera-t-il poser son fessier sur cette si précieuse cuvette ? Et certainement si froide, le pauvre ! Et arrivera-t-il seulement à soulever l’abattant pour se soulager la vessie, (et éviter les cris de mécontentement de Madame), une manœuvre qui consistera à « soulever de la fonte », au vu du poids massif de cet abattant : l’ensemble pèse plus de 100 kilos, dont environ 10 pour le seul abattant ! Attention à ce qu’il ne retombe pas sur les bijoux de famille du petit dernier… Attention aussi à bien vérifier l’état du plancher, sans quoi ces toilettes pourraient se transformer en cage d’ascenseur dorée infernale avec terminus… au fond du trou. Au vu des moyens de l’acquéreur, pas de souci, ces toilettes trôneront en lieu sûr, dans une salle de bains qui sans nul doute, comptera plus de carats que de carreaux…
Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille…
Heureusement, ces toilettes-là n’étaient pas en or : elles auraient sinon provoqué un véritable cratère dans la chaussée du pont du Centenaire à Séville, en Espagne. Car, il y a quelques jours, les ouvriers qui travaillent sur un gros chantier de rénovation de cet ouvrage très fréquenté par les sévillans ont eu une bien drôle de manière de tirer la chasse : ils ont tout envoyé, cabine de toilettes comprise, sur la chaussée, en contrebas ! Comme disait Chirac, les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. Concernant ce pont, c’est le cas de le dire : après un surcoût de travaux de 42 millions d’euros, et deux ans de retard dans leur avancée, voici désormais la chute de toilettes mobiles ! Un vrai merdier, dont les autorités ont du mal à se dépêtrer.
Concernant les WC, il s’agit bien évidemment d’un accident : alors qu’une grue soulevait ces toilettes de chantier pour les déplacer, elles se sont détachées et ont chuté de très haut, avant de s’écraser sur une des voies de circulation du pont, heureusement la seule voie fermée à ce moment. Les automobilistes, dont certains se trouvaient à seulement quelques mètres de l’impact, ne sont pas restés de marbre (ni d’or, ni de porcelaine, d’ailleurs), et certains ont laissé de sacrées traces de frein… sur la chaussée.

