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Georges Ramaïoli, un maître du 9e art

Dans la grande famille de la Bande dessinée, je demande Georges Ramaïoli. Né à Nice le 26 juin 1945, celui qui va devenir une véritable icône du 9e art se passionne tout jeune pour la BD et apprend tout seul à manier les crayons, sa mère ayant refusé de le laisser suivre à 12 ans des cours de dessin de nu intégral. Cette petite frustration le rendra critique sur son œuvre tout au long de sa carrière, de façon évidemment injustifiée tant son talent va s’avérer immense.

Après avoir suivi des études d’ingénieur, il va travailler durant treize ans pour le ministère de l’équipement où il participe, comme il le souligne avec humour, à la « défiguration routière de la Côte d’Azur ». Parallèlement à cet emploi tout à fait alimentaire, il s’adonne à sa passion de la bande dessinée et c’est une annonce parue dans Nice-Matin qui va lui mettre le pied à l’étrier. Dans celle-ci, il découvre qu’un journal de Tahiti recherche des dessinateurs de BD et, s’empressant d’y répondre, il va y faire paraître ses premières planches rémunérées : la BD « O TUPAPAU ». Hélas, le journal aura une existence plus qu’éphémère et à peine une dizaine de pages dessinées par Ramaïoli verront le jour.

Par la suite, notre ingénieur-dessinateur s’aventure dans le monde des fanzines, sans grand succès. C’est la rencontre avec Jean Giraud/Moebius en 1973, alors que celui-ci est à Nice pour une séance de dédicace, qui va véritablement marquer le début de sa carrière professionnelle. Il montre ses planches de western au légendaire créateur de « Blueberry”, et celui-ci va lui confier l’illustration d’un scénario qui sera publiée, à l’initiative de Wolinski, dans le magazine « Charlie Mensuel ».

En 1975, Georges Ramaïoli fait la connaissance du scénariste René Durand, avec qui il va créer une série de BD appelée « La terre de la bombe » puis, l’année suivante, une série western teintée de science-fiction : “L’indien français”. Ces deux séries à succès paraissent aux éditions Glénat qui, avant de devenir la grande maison d’édition que tout le monde connait, a démarrée de façon très « artisanale ». Comme l’a raconté un jour le dessinateur niçois : « C’était folklo les débuts des boîtes BD avec un côté très débutant, très copains/famille… ».

Passionné par l’Histoire, Ramaïoli va dessiner ou scénariser de très nombreuses BD historiques, avec un sens poussé du détail et de la précision. On citera bien évidemment les séries « Zoulouland » (18 albums parus de 1987 à 2003), « Vae Victis » (série gallo-romaine de 15 albums, dessinée par Jean-Yves Mitton et scénarisée par Ramaïoli, sous le pseudonyme de Simon Rocca), « Le Khan » (5 albums, de 1994 à 1999), « La Saga de Bas de cuir » (6 albums, de 1995 à 2001), ou encore « La Légende d’Orégon Jo » (3 albums, de 2004 à 2006).

Tout au long de sa longue et riche carrière, le petit Niçois autodidacte aura publié plus d’une centaine d’albums, marqué durablement le monde de la BD, influencé des dizaines d’autres artistes et enthousiasmé un nombre incalculable de lecteur.

Merci monsieur Georges !

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