Les 7 hectares de ce « jardin remarquable » accueillent des pensionnaires à poils, à plumes ou à écailles. Au total, ce sont 70 espèces différentes de la faune sauvage et domestiques qui y ont trouvé refuge. Explications.
Labellisé « jardin remarquable » depuis 2011 par le ministère de la Culture, le parc Phoenix ne sert pas uniquement d’écrin à une flore florissante et diversifiée. Il abrite aussi des tas de pensionnaires à poils, à plumes ou à écailles plus ou moins gros. Cela va d’une colonie de phasmes, d’araignées, de mantes religieuses et d’autres charmants insectes observables dans l’insectarium du parc, à des ouistitis, flamants roses, tortues, iguanes, crocodiles se prélassant dans la chaleur humide de la serre tropicale. S’ajoutent aussi des poules, une chèvre, des moutons, aras, perroquets que l’on croise sur les 7 hectares de verdure. « Pour autant, nous ne sommes pas un zoo. Nous n’avons pas de politique d’achat ni d’échange d’animaux, insiste Jean-Michel Meuriot, chef de service du parc Phoenix. En fait, nous sommes un refuge pour animaux. » Et d’expliquer qu’une partie des pensionnaires, notamment les plus exotiques, proviennent de saisies douanières pour trafic d’animaux interdit. L’autre partie sont des dons de particuliers. « Notre objectif est de soigner le confort de nos animaux. D’ailleurs, depuis deux ans, le parc Phoenix est reconnu par le ministère de l’Environnement comme un lieu de refuge pour les animaux de cirque. » (Voir ci-dessous)
Etant une structure municipale, « en relation permanente avec la préfecture des Alpes-Maritimes », le parc Phoenix assure une pérennité dans l’accueil, le soin et le bien-être apporté aux animaux recueillis. « Notre meilleur contrôle, c’est le public du parc. Tous les jours, il croise, voit, contemple nos animaux dans le parc, pointe Frédéric Sonnet, responsable du pôle animalier. Nous sommes totalement transparents ! »

Lémuriens et Ouistitis saisis
Justement des animaux parlons-en ! Sur le parc, ils sont plus de 2000 animaux de la faune sauvage et domestique issus de 70 espèces différentes dont une quarantaine d’insectes.
Parmi tous ces pensionnaires, certains proviennent de saisies douanières. C’est le cas des « lémur vari », lémurien originaire de Madagascar. Au parc Phoenix, on leur a aménagé dans les arbres, des cabanes en bois tout confort, avec chauffage intégré, où ils se prélassent. « Ils ont été trouvés, il y a une dizaine d’années, dans un camion immatriculé dans un pays de l’Est, lors d’un contrôle routier au péage de la Turbie, se souvient Frédéric Sonnet. A l’intérieur, les douaniers ont découvert plein d’animaux dont des fauves, qui sont partis ailleurs dans des zoos, et ces lémuriens, que nous avons récupérés. »

Autres saisies douanières, celle des six Gris du Gabon, ou perroquets jaco, ainsi que les cinq Ouistiti à pinceaux blancs – petit primate pesant à peine 350 grammes, reconnaissable à ses toupets blancs sur les oreilles – qui ont été saisis dans un laboratoire. Au parc Phoenix, ils ont trouvé refuge dans la serre tropicale, au milieu des palmiers et plantes exotiques. « Les Ouistitis vivent en groupe. Leur mode de fonctionnement est celui d’une société matriarcale, avec une femelle dominante qui fait la loi. La seule aussi à se reproduire, détaille le responsable du pôle animalier. L’an dernier, on a eu deux naissances. » Et Frédéric Sonnet d’enfoncer encore le clou : « nous ne forçons pas les animaux à se reproduire. A la différence des zoos, nous ne cherchons pas à augmenter nos collections, ni à créer un événement par ces naissances. »
Crocodiles de Morelet et la chèvre Mauricette
Si le parc voit le nombre de ses pensionnaires s’agrandir, c’est en raison des dons. Qu’ils émanent de zoos, de refuges, ou bien de particuliers, ces dons sont nombreux. Sous le diamant verre, les deux crocodiles de Morelet qui sommeillent dans leur piscine chauffée proviennent de la ferme aux crocodiles de Pierrelatte, dans la Drome. « Elle n’avait plus assez de places pour ces deux spécimens qui sont de taille réduite par rapport aux autres. D’où leur venue chez nous. »

Il y a aussi les « Lémurs catta », hébergés avant par le « Kid’s Island » de Marineland à Antibes. Depuis sa fermeture en 2023, ce groupe de lémuriens à la longue queue annelée de blanc et de noir a retrouvé un toit au parc Phoenix. Avec cabane chauffée où ils entrent et sortent à leur guise. S’ajoutent aussi un ibis sacré, « don d’un particulier il y a longtemps » et la chèvre Mauricette.
« Abandonnée sur un chantier à Nice, elle a été récupérée par la fourrière qui nous l’a amenée, raconte Frédéric Sonnet. Elle était dans un état pitoyable. Si maigre qu’elle passait entre les planches de bois de la clôture. » Depuis, Mauricette s’est refait une santé en croquant l’herbe tendre du parc et va bien. A ses côtés, paissent des moutons de Soay, don du zoo de Monaco. « C’est une espèce primitive qui mue et perd sa laine naturelle » précise le chef des soigneurs qui répond souvent aux questions des visiteurs intrigués par l’apparence ébouriffée de ces brebis. Bien sûr, il y a quantités de poules domestiques, dont les poules soie, cadeaux de particuliers lassés, sans doute, de les entendre caqueter. «Pour les plus débrouillardes d’entre elles, nous les laissons en liberté dans le parc. Comme nous n’utilisons aucun désherbants ni pesticides, ce sont nos jardinières attitrées, rigole Frédéric. A la recherche de vers de terre et autres insectes à se mettre sous le bec, elles grattent et retournent la terre toute la journée. » Un parfait débroussaillage écolo !


Perroquets, pensionnaires depuis 36 ans !
Le liste des pensionnaires du parc Phoenix serait incomplète si on n’évoquait pas les perroquets, cacatoès roses et autres aras aux plumages si chatoyants. « D’autant qu’ils sont présents depuis la création du parc, il y a 36 ans » s’écrie Jean-Michel Meuriot, chef de service. Et de pointer qu’un « ara vit en moyenne entre 80 et 90 ans. Il a la même longévité qu’un Homme ! » Pour eux, le parc Phoenix a investi dans des volières géantes : « 20 m de diamètre avec filets amortisseurs pour permettre aux perroquets de voler sans se blesser. » Deux autres volières du même type, subventionnées par l’Etat, ont été installées pour récupérer les aras et autres cacatoès détenus par les cirques.

Et ces oiseaux au bec crochu et aux cris perçants sont en pleine forme. « Quand un perroquet ne va pas bien, il s’arrache les plumes. Regardez les nôtres, ils sont superbes ! s’écrie Jean-Michel Meuriot. Ils jouent ensemble, s’interpellent, se répondent. » Autre détail qui fait la fierté de l’ensemble des équipes : le parc Phoenix est devenu une escale pour oiseaux migrateurs. « Hérons cendré, aigrettes, cormorans, petits échassiers viennent nicher ici, assure Jean-Michel Meuriot. Juste à côté de nos aras et perroquets. » Un vrai régal à observer et à écouter…

« Tout est prévu pour accueillir les perroquets et serpents »
A partir de décembre 2028 et de l’entrée en vigueur de la loi de 2001 sur la maltraitante animale, les cirques et établissements itinérants auront l’interdiction de détenir des animaux sauvages. Pour préparer cette transition, l’Etat a reconnu le parc Phoenix comme étant un lieu de refuge pour les animaux sauvage des cirques. Selon Le ministère de la Transition écologique a établi un plan pour accompagner la filière circassienne et les 600 animaux sauvages concernés. Parmi eux, près de 400 fauves détenus par les cirques itinérants, qu’il faudra donc recaser. D’ici à deux ans.

Le parc Phoenix n’hébergera pas de fauve. « Notre structure n’est pas adaptée, trop petite, confirme Jean-Michel Meuriot. Nous avons une habilitation pour accueillir les perroquets et serpents. C’est ce qui est prévu. » Pour s’occuper de tous les pensionnaires du parc Phoenix, cinq soigneurs et un chef d’équipe, tous fonctionnaires municipaux, travaillent à temps plein et toute l’année. Car le parc ne ferme au public que deux jours par an, le 25 décembre et le 1er janvier. Et lors de ces deux jours de fermeture, une permanence est assurée pour s’occuper des pensionnaires du parc.
Le parc Phoenix, situé au 405 Promenade des Anglais, est ouvert tous les jours de 9h30 à 19h30 (horaire d’été applicable du 1er avril au 30 septembre). A partir du 1er octobre, s’appliquent les horaires d’hiver de 9h30 à 18 heures. Entrée face à la station du tramway. Entrée : 5,50€ plein tarif ; 3,20€ tarif réduit sur présentation de la carte Pass Musées de Nice, carte d’étudiant ainsi que pour les jeunes de 12 à 18 ans. Gratuit pour les moins de 12 ans.
Plus d’infos : tél. 04.92.29.77.00. ou sur le site internet http://www.parc-phoenix.org.

