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mardi 27 octobre 2026

Balades et déambulations insolites (1e partie)

L’été, c’est le temps des vacances, de la plage et du farniente, mais c’est également la période propice pour découvrir ou redécouvrir, lorsque le soleil se fait moins intense, quelques merveilles cachées… Cité aux multiples visages, ville à tiroirs, Nice renferme d’innombrables trésors qu’il faut découvrir en flânant, tranquillement, le temps de balades insolites qui vous conduiront tour à tour au cœur de la Nice médiévale, turinoise, Art-Déco ou moderne…

UN VASTE TERRITOIRE DE DÉCOUVERTES

Pour le courageux promeneur qui souhaiterait effectuer le tour de Nice à pied, il faut savoir que son vaste territoire est frontalier avec 12 communes : Villefranche-sur-Mer, Eze, La Trinité, Cantaron, Saint André de la Roche, Falicon, Aspremont, Colomars, Gattières, Saint- Jeannet, La Gaude et Saint-Laurent-du-Var.

Petite curiosité, le centre géographique de la ville a été identifié très exactement grâce aux calculs du magazine Lou Sourgentin. En utilisant la méthode dite de « double suspension », les auteurs de cette incontournable parution ont calculé que : « le centre géographique de la ville se situe quelque part dans la zone du chemin du Petit Pessicart, qui est un raccourci qui coupe les lacets de l’avenue de Pessicart, laquelle va du boulevard Gambetta à l’avenue de la Clua ».

Sachant cela, vous pouvez partir à la découverte des petits et des grands trésors cachés le long des rues et avenues de notre ville.

ÉDIFICES ÉDIFIANTS

Avenue Desambrois, à l’angle du boulevard Dubouchage, le palais J. Cauvin (édifié en 1912), vous offrira les magnifiques décors d’architecture de Michel de Tarnowsky. Le centre de la façade représente un atlante et une cariatide et le décor des étages comporte des têtes de fauves et de béliers. En face, une bâtisse apparemment anodine est surnommée la « Maison des nains », en raison des petites dimensions de ses portes et fenêtres (dues à un plancher situé 1,50m sous le niveau de la rue). Cet édifice, dont le nom véritable est « Mas de Sablonat », date de 1926 et a été construit par l’architecte Trachel. Juste à côté vous trouvez l’église orthodoxe grecque Saint-Spyridon. Une iconostase (cloison) de thuya sculpté, des vitraux élégants et de splendides fresques d’inspiration byzantine font de cette église un véritable petit bijou.

Le palais J. Cauvin
L’église orthodoxe grecque Saint-Spyridon

Plus loin, au 22, rue de France, une autre église mérite le détour. Il s’agit de celle du Sacré-Cœur. Derrière sa façade relativement banale se cache de splendides vitraux et, à l’intérieur, un grand vitrail fait face à sept autres plus petits, en arc de cercle. Celui de la façade, cruciforme et évoquant le firmament, est sans doute le plus surprenant de Nice. Daté de 1961, on le doit au maître-verrier Jacques Fonmarty. Les vitraux de l’abside, tout à fait Art-Déco et « floréal-style », s’accordent avec un grand crucifix également Art-Déco. Et puisque vous êtes rue de rance, allez admirer l’immeuble « Gloria Mansions » (125, rue de France). Conçu en 1934 par l’architecte Garabed Hovnanian, sa façade et sa décoration intérieure (cage d’escalier, ferronneries, mosaïques, vitraux…), en font l’un des plus remarquables témoignages du style Art-Déco.

L’église du sacré coeur
Immeuble « Gloria Mansions » et son escalier central à cage elliptique

Avenue Saint-Lambert, au numéro 86, vous verrez l’audacieuse église Sainte-Jeanne-d’Arc, construite en 1933 par l’architecte Jacques Droz. Il s’agit du premier édifice cultuel de France à utiliser la méthode du voile de béton armé. Autrefois sujet à polémique, ses formes ovoïdes et l’élégance de son clocher aux entrelacs inspirés par le gothique sont aujourd’hui unanimement appréciées.

Eglise Sainte-Jeanne-d’Arc

En vous dirigeant vers la rive droite du Paillon, vous trouverez l’Abbaye de Saint Pons, qui rappelle aux visiteurs que d’importants événements se sont succédés en ce lieu, véritable carrefour historique. Fondée à la fin du VIIIe siècle, l’empereur Charlemagne s’y serait rendu plusieurs fois et des fragments d’un tombeau carolingien se trouvent dans la seconde chapelle. C’est sur le parvis de l’église que fut signé en 1388 l’acte de « Dédition » à la Savoie, en présence du Comte Amédée VII et des notables de la ville. Tout proche, mais sur l’autre rive du fleuve, la chapelle de Bon-Voyage témoigne de l’insécurité des temps anciens, puisque les Niçois qui partaient en voyage venaient y effectuer une prière afin de se rendre sains et saufs à bon port.

Abbaye de Saint Pons
Chapelle de Bon-Voyage

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