L’été, c’est le temps des vacances, de la plage et du farniente, mais c’est également la période propice pour découvrir ou redécouvrir, lorsque le soleil se fait moins intense, quelques merveilles cachées…
Cité aux multiples visages, ville à tiroirs, Nice renferme d’innombrables trésors qu’il faut découvrir en flânant, tranquillement, le temps de balades insolites qui vous conduiront tour à tour au cœur de la Nice médiévale, turinoise, Art-Déco ou moderne…
CIMIEZ ET SES TRÉSORS
En “montant” sur la colline de Cimiez, vous pouvez admirer la Croix séraphique (ou plutôt sa copie), visible sur la place du monastère, qui est un calvaire de marbre portant sur le sommet d’une colonne torse un crucifix orné de multiples symboles. Cette croix fut sculptée en 1477, sur commande du frère franciscain Louis Terrini. L’ensemble forme une des deux sculptures connues en Europe sur le thème du Christ séraphique. Le monument originel, restauré, a été transféré dans la première chapelle latérale gauche de l’église.

C’est bien évidemment à Cimiez que l’on retrouve l’un des plus beaux monuments de notre ville : l’amphithéâtre romain de Cemenelum. L’édifice, l’un des plus petits recensés en Gaule (avec une capacité estimée de 4000 places, son arène ne mesure que 46 × 34,80 m), a été construit entre 70 et 80 de notre ère. Abandonné au IVe siècle, signalé en 1559 dans un écrit de Michel de l’Hospital, le site est fouillé durant les années 1930 puis en 2007. L’amphithéâtre, surnommé « la tina de li fada » (le puits aux fées) par les paysans niçois, serait un site hanté par les esprits malins. L’origine de cette croyance remonterait à la présence romaine, lorsqu’une jeune femme du nom de Tatia, qui refusait d’honorer le grand Jupiter, fut conduite dans l’amphithéâtre pour y être livrée aux fauves. Sur le point d’être dévorée par les félins, elle fut prise de panique, demanda pardon et accepta d’obéir à la volonté du maître de la foudre. La légende veut que, deux semaines plus tard, elle mourut de honte et de remords. Or, des siècles plus tard, un élève de l’illustre Raphaël, le peintre Randazzo, voulant s’abriter un soir de tempête au milieu des ruines romaines, vit surgir Tatia entourée par les animaux sauvages. Aussitôt, il fit le signe de la croix et l’apparition s’évapora comme par magie…

Toujours dans le quartier de Cimiez, les plus fins observateurs pourront remarquer la statue de la Reine Victoria, devant l’immeuble Régina (au 71, bd de Cimiez). Réalisée par le sculpteur Louis Maubert en 1912, on peut admirer sur l’oeuvre quatre petites filles symbolisant les quatre villes où séjourna Victoria, qui offrent des fleurs à la souveraine. Le visage de l’une de ces jeunes filles a été exécuté d’après les traits de la fille de Biasini, l’architecte du Régina.

DU NORD AU CENTRE-VILLE
Au nord de notre ville, le parc Chambrun abrite le temple de l’Amour (ou temple de Diane), élevé en 1885. Il s’agit d’un monument circulaire à douze colonnes corinthiennes de marbre de Carrare et d’une vingtaine de mètres de hauteur. On trouve aussi dans le parc le plus grand et ancien cèdre de Nice.

Au Nord toujours, la Villa Arson (20 avenue Stéphane Liégard), qui abrite l’Ecole et le Centre National d’Arts Contemporains est un ensemble architectural contemporain en béton et galets du Var, de style brutaliste, qui vous laissera sans voix.

De retour dans le centre-ville, sur l’avenue Thiers, trône la poste centrale, grand vaisseau de briques à l’aspect nordique, dont la légende voudrait qu’il ait été conçu tout d’abord pour la ville de Lille. Et en vous rapprochant de la zone piétonne, tout près de la prestigieuse rue Longchamp, voici le discret passage Emile-Négrin qui dissimule, sur son débouché avec l’avenue Jean-Médecin, un bâtiment d’une surprenante étroitesse qui logeait autrefois, sur cinq étages, la célèbre maison d’orfèvrerie Morabito.

Poussez ensuite vers la place Sasserno, entre la rue Lépante et la traverse Meynell, pour admirer l’un des plus beaux immeubles légués par le Consiglio d’Ornato. Ce splendide édifice Art Nouveau est pourvu d’une magnifique coupole, qui domine la place.
Et si vous poursuivez votre balade en direction de la vielle-ville, l’église du Saint-Jean-Baptiste, dite du Vœu (2, rue Alfred Mortier), est emblématique du style néoclassique qui va fleurir durant la deuxième partie du XIXe siècle. Tout comme les immeubles qui l’entourent : le palais Audiberti de Saint-Etienne (2, rue Tonduti de l’Escarene) et l’ensemble immobilier de la rue Alfred Mortier. Sans oublier enfin le modeste temple Vaudois (rue Gioffredo), qui est l’imitation presque parfaite d’un temple antique.

LA MAGIE DU VIEUX-NICE
Le Vieux-Nice et la colline du Château sont évidemment deux hauts lieux pour tous les amateurs d’histoire et d’insolite.
On y trouve par exemple le plus ancien linteau de la ville, situé au 13, rue de la Condamine et daté de 1482. La rue du Pont-Vieux, voie majeure à l’époque médiévale, recèle plusieurs éléments intéressants comme les arcs brisés des échoppes du 2 et du 7, ainsi que des colonnes surbaissées à chapiteaux sculptés. Au 18, rue de la Préfecture, se trouve le plus bel édifice médiéval encore intact. Dans cette même rue, la loge Sainte Rita renferme quelques merveilles comme la devise (Fert) de la Maison de Savoie ou le blason de la Nice Impériale. Dans l’église Saint-Martin-Saint-Augustin (place Saint-Augustin), vous aurez l’occasion d’admirer une plaque votive de la corporation des tisserands, datée de 1444, mais également le triptyque de la Piéta attribué à Louis Bréa (1504) et l’acte de baptême de Giuseppe Garibaldi.


Rue du Malonat se cache un très beau lavoir utilisé au XIXe siècle, bien avant l’invention de la machine à laver. Rue de la Poissonnerie, presqu’en face du Théâtre du Cours, il faut lever les yeux pour observer au premier étage de l’immeuble une belle fresque de 1584 représentant Adam et Eve. Montée Sincaire, c’est le monument à la mémoire de Catherine Ségurane qui attend les visiteurs désireux de rendre hommage à l’héroïne niçoise s’étant illustrée lors du siège de Nice en 1543. Place Vieille, derrière la place Rossetti, il faut être bien attentif pour dénicher le fronton de l’ancienne « Maison close », sur lequel on peut lire un slogan évocateur : interna meliora : « c’est meilleur à l’intérieur ».

Sur la colline du Château, deux curiosités : la dernière maison du chapacan (celui qui capturait autrefois les chiens errants), au bout du plateau sportif, à côté du point de vue ouvrant sur le port et, bien sûr, les impacts des fameux boulets tirés par les armées franco-turques lors du siège, tout au sommet de la colline, sur la placette.
Un peu plus loin, les amoureux de nature s’aventureront le long du sentier du littoral. Initié par l’administration des Douanes sous la Révolution française, il relie le parc Vigier de Nice à la commune de Villefranche-sur-Mer et permet de profiter de paysages exceptionnels et d’une végétation resplendissante (garrigues, pins parasols…), face à la Méditerranée, cette Mare nostrum si chère au cœur de tous les vrais sudistes…

