Ce jeudi 3 septembre, les étudiants de l’ESMA Nice prendront la direction de Montpellier pour participer au Grand Jury Animation 3D & VFX, un rendez-vous clé au cours duquel ils présenteront leurs courts métrages de fin d’études devant des professionnels et des responsables de studios d’animation. Rencontre avec Andy Cavenel, jeune étudiant niçois et peut-être future star mondiale de l’animation
Tout d’abord, rappelons que l’ESMA est une prestigieuse école d’arts appliqués, implantée dans 7 campus en France et à l’international, qui compte 30 années d’expérience, et qui a vu naître bon nombre de graphistes, designers d’espace ou encore animateurs 3D. Reconnue pour la qualité et la richesse de ses enseignements artistiques, l’école propose des formations en cinéma d’animation 3D et effets spéciaux, en jeu vidéo, en design graphique plurimédia, en architecture d’intérieure et en illustration concept art, sans oublier également deux années préparatoires : la prépa design et la prépa Entertainment.
Preuve de la renommée de l’école, 5 courts-métrages d’animation 3D réalisés dans le cadre des films de fin d’études de l’ESMA sont actuellement disponibles sur Disney+.

Parmi les jeunes talents qui ont profité de l’enseignement de l’ESMA, Andy vient d’achever ses études et participe évidemment au Grand Jury Animation 3D & VFX. Il répond à nos questions.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le Grand Jury Animation 3D & VFX ?
Ce Grand Jury est l’une des opportunités que nous offre l’école. Il s’agit d’une projection des courts-métrages réalisés par les étudiants des différents campus, dans une salle de cinéma et en présence de professionnels de l’animation et du cinéma. Cette année par exemple, parmi les membres du jury il y aura Théodore Ty, un artiste qui a notamment travaillé pour Disney, DreamWorks et Blue Sky. Au cinéma Gaumont-Pathé de Montpellier nous allons pouvoir montrer nos travaux à ces professionnels, et potentiellement être en mesure de décrocher un stage ou un CDD au sein d’une société. Le jury va décerner plusieurs prix pour récompenser les artistes, l’animation ou la musique, comme cela se fait lors d’un festival de cinéma. Ce sont les deuxièmes années de tous les ESMA qui y participent et cela nous permet de nous rencontrer, d’échanger sur les différentes techniques utilisées et les défis que nous avons dû surmonter durant la réalisation des courts-métrages.
Parlez-nous un peu de vous et de votre parcours.
Tout d’abord, je suis fan de jeux vidéo et de films d’animation depuis tout jeune. J’ai toujours voulu transformer ma passion en métier. Sinon, je suis né à Nice, j’ai 25 ans et j’ai passé mon Bac S au lycée du Parc Impérial. Par la suite, j’ai suivi une formation aux métiers du multimédias et obtenu mon DUT, puis j’ai été chef de projet digital à Digital Campus, où j’ai été formé notamment à la création 3D et de sites internet. Au terme de ces trois années, je savais vraiment que l’animation était ma vocation et j’ai souhaitai intégrer l’ESMA.
Pourquoi l’ESMA ?
Tout simplement parce que c’est une école qui a une excellente réputation, non seulement au niveau des formations qu’elle propose, mais également au niveau des débouchés qu’elle permet d’obtenir. L’ESMA vous accompagne à la fin de vos études et vous permet de rencontrer les meilleurs professionnels au monde.
Parlez-nous de votre court-métrage : quel est son sujet, d’où est venue l’inspiration ?
Le film auquel j’ai participé s’appelle « La Muerte y Francisca ». C’est une histoire inspirée d’un conte classique cubain et c’est Yesmin Hadad-Ramirez, une autre étudiante de notre groupe, qui nous a apporté cette idée. C’est une histoire qu’elle a toujours entendu durant son enfance et qui lui tenait vraiment à cœur. Le court-métrage raconte la rencontre, dans la campagne cubaine, entre la Mort et une petite grand-mère appelée Francisca. La Mort vient chercher Francisca mais celle-ci est tellement pleine de vie, tellement attachée aux petites choses qui font la saveur de l’existence que la Mort finit par s’intéresser de façon différente à cette dame âgée. En fait, grâce à Francisca, la Mort va découvrir et aimer la vie…

Combien de temps et combien de personnes pour réaliser ce court-métrage ?
Pour réaliser ce film de 5 minutes et 58 secondes, notre groupe était composé de sept étudiants. Au départ nous étions neuf, mais hélas deux ont abandonné en cours de route. Pour effectuer toute l’animation en 3D, cela nous a demandé un an de travail, mais au préalable nous avons passé trois mois en préproduction. Cette phase consiste écrire le scénario et à mettre au point le « concept-art », c’est-à-dire imaginer et concevoir les personnages et les décors, à partir de croquis papier ou de créations sur tablette numérique. Dans notre groupe, il y a avait des concept-artistes, des animateurs, des sculpteurs (pour passer de la 2D à la 3D), des texture-artistes (qui mettent de la structure sur les personnages et objets) et des « riggers ». Ce dernier poste est un peu compliqué à expliquer… Pour simplifier, disons qu’il s’agit de créer les articulations qui vont permettre d’animer tout ce qui doit bouger dans le film. En revanche, pour un objet fixe, on ne crée pas de « rig ».
Comme nous étions un tout petit groupe, il a bien évidemment fallu être assez polyvalent. Par exemple, moi je suis modeleur, j’étais chargé de créer les objets en 3D et les effets spéciaux (explosions, nuages de poussière, etc.). J’ai également travaillé sur la « composition », qui consiste à lisser les images et enlever les imperfections pour que le film soit le plus beau possible au final.

Peut-on voir votre court-métrage ?
Le court-métrage va être distribué par l’ESMA ou Yummy Films afin d’aller participer à différents festivals. Durant deux ans, le film ne sera pas mis en ligne, pour être en mesure de concourir dans tous ces festivals, mais ensuite, il sera disponible sur la chaine YouTube de l’école.
À présent, quels sont vos envies et projets pour l’avenir ?
Je sais désormais que j’ai envie de poursuivre dans la 3D et j’aimerai travailler pour un studio soit moyen soit grand. Chacun présente ses avantages. Dans un grand studio, on se spécialise véritablement dans sa discipline, tandis que dans un studio moyen on peut toucher à tout et donc être plus polyvalent. J’aimerai partir travailler à l’étranger, soit au Canada (où je pourrais rejoindre ma sœur qui y vit), soit au Japon. Le point positif, c’est que grâce à ma formation, je peux travailler dans tous les domaines : animation, films en prises réelles, jeux-vidéo, etc. Au Canada, par exemple, vous avez Netflix qui fait de l’intégration de 3D en prises réelles.
Enfin, d’après-vous quelles sont les qualités requises pour ce type de métiers ?
Pour faire ce métier, il faut pouvoir et aimer travailler en équipe, avoir beaucoup de rigueur et être très organisé. Le sens du travail en équipe est essentiel car on ne réalise qu’une partie d’un projet et il faut ensuite transmettre sa réalisation à l’intervenant suivant. Donc il faut être bien organisé pour faciliter le travail de ses co-équipiers. Il faut aussi être prêt à souvent bouger, puisque dans cette industrie ce sont essentiellement des CDD qui sont proposés et qu’une fois un film ou un jeu vidéo achevé, il faut partir travailler ailleurs.
Pour tous renseignements sur l’ESMA : https://www.esma-artistique.com

