
Entre les Lions de la Teranga et ceux de l’Atlas, il ne devait rester qu’un roi. Dans la jungle, terrible jungle du football africain, le lion est mort ce soir et ce fut celui de l’Atlas. Celui de la Teranga a rugi de plaisir, même si Pape Thiaw, le « Scar sénégalais » a été montré du doigt pour son manque de fair-play. Heureusement, Sadio Mané, le grand Mufasa de Dakar, a lancé « hakuna matata » à son sélectionneur et ses coéquipiers.
Mais quel cinéaste aurait pu imaginer un tel scénario ? Une telle dramaturgie lors de cette finale de la CAN 2026 entre le Maroc, pays hôte, et le Sénégal, vainqueur au bout du suspense ?
De nombreuses récompenses auraient d’ailleurs pu être distribuées après la montée des marches des Sénégalais sur le podium de la FIFA.
La palme de la dinguerie. – Elle aurait ainsi été décernée à Brahim Diaz. Le petit attaquant de Madrid voulait être le personnage principal de cette finale, « Maroc Star » pour toujours. Mais il est passé de Messi à Judas. Il faut dire que sa Panenka était aussi molle qu’une Panna cotta.
La palme de la folie. – Sans hésiter, aux supporters, qui ne se supportaient plus. Aux plumitifs, qui se sont volés… dans les plumes lors de la conférence de presse d’après-match. Au député marocain, qui exige l’arrestation de l’arbitre Jacques Ndala ! On dit que le football est l’opium du peuple, on s’aperçoit surtout que cette cam isole : tout le monde devient fou et plus rien ne tourne rond. Pas même ce satané ballon.
La palme du manque de fair-play. – Sans contestation possible, on l’a dit, elle va à Pape Thiaw et à ses joueurs. Animés par un sentiment d’injustice, ils sont directement entrés au vestiaire, quitte à prendre une douche glacée en perdant ainsi le match. C’est ainsi : pas contents, les Sénégalais se tirent ailleurs.
La palme du meilleur second rôle. – Qui peut prétendre à cette récompense hormis Claude Leroy ? Lui mérite vraiment de monter sur le trône du Sénégal en particulier, du football africain en général. Plus fort que tous les marabouts du continent, le vieux sorcier blanc est arrivé de nulle part pour ramener au calme tout ce beau monde. Le tout sans gri-gri !
La palme du meilleur gardien. – Qui d’autre que Yassine Bounou pour ce titre ? Le mur marocain « rabat le caquet » à chacun de ses adversaires. Infranchissable, ou presque, le portier a été le héros de tout un peuple. Et dire qu’il aurait pu être celui des Niçois ! Certes, celui qui est désormais surnommé Bono, n’a pas été découvert en U2 à l’OGC Nice, mais il avait effectué un stage non concluant chez les Aiglons.
La palme du meilleur gardien (bis). – Elle revient à un Niçois, justement. Yehvann Diouf, sans prétendre être le porte-flingue d’Edouard Mendy, le titulaire sénégalais, est devenu son porte-serviette. Joueurs adverses et ramasseurs de balle, sans prendre de gants, ont tenté de dérober la serviette du portier des Lions de la Teranga, mais son remplaçant s’est transformé en gardien du temple et a tout arrêté. De bon augure pour son retour au Gym.

