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mardi 27 octobre 2026

Les traditions de Calèna décortiquées

Chaque vendredi, pendant quatre semaines, nice24.fr vous plonge dans les traditions niçoises entourant les fêtes de Noël. Aujourd’hui, c’est à vous de jouer en vous confrontant à notre quiz sorti de derrière les fagots…

LE QUIZ !

Faîtes-vous partie des champions des traditions niçoises ? Etes-vous incollable sur le temps de Calèna qui durait jusqu’à l’épiphanie, autrefois, en Baie des Anges et dans le Comté ? Super motivé pour donner à votre sapin et à votre table de fête les couleurs et les senteurs du « païs » ? Sans commettre de faux pas, ni de contre-sens ? Ou bien estimez-vous avoir encore quelques lacunes à combler en la matière ? Pour le savoir, nous vous avons concocté un quiz bien « aillé ». La règle du jeu est simple : à chaque affirmation correspond un vrai ou faux qu’il vous faudra choisir. Bien sûr, on ne vous laisse pas dans l’incertitude puisque la bonne réponse suit avec l’explication. Alors, en piste ! A vous de jouer…

Vrai ou Faux : Calèna débute avec le temps de l’Avent

C’est faux ! Si, en Provence, on célèbre l’Avent marqué par les quatre dimanches précédant Noël, à Nice et dans l’ancien Comté, on fait différemment. Ici, nous fêtons « lou temp de Calèna » et ce temps débute le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe. Et peu importe que ce soit ou non un dimanche !

Vrai ou Faux : À la Sainte-Barbe, on se rase !

Peut-être pour certains, mais pas dans l’ancien Comté, car ce n’est pas la tradition. Donc la réponse est : faux ! En revanche, le 4 décembre pour la Sainte-Barbe, on met des lentilles et des grains de blé à germer. D’ici au 24 décembre, ces graines auront donné de jolis petits massifs d’herbes vertes, symboles de fertilité et de prospérité « per l’an que ven » (pour l’année à venir, traduction). Une touche de verdure « faite maison » à placer sur la table du « gros souper » pour la décorer et attirer espoir et bons vœux…

Vrai ou faux : « Le gros souper », c’était le réveillon du 24 au soir.

C’est à la fois vrai et faux. Vrai, parce que le « gros souper » se tenait bien le 24 décembre au soir et s’ouvrait après la messe de minuit. Faux, parce que contrairement à notre réveillon d’aujourd’hui qui aligne allègrement dinde ou pintade farcie, huitres ou faux gras, le « gros souper » était, lui, un repas maigre, sans viande. Et si vous avez bien suivi notre série, vous savez exactement quels étaient les mets dégustés au gros souper. Vous avez trouvé ? Langue au chat ? Allez, voici la solution : des cardons à la sauce blanche ; morue aigre douce avec gratin de courge puis desserts. Un repas maigre pour mieux se recueillir et accueillir la « bonne nouvelle » : la naissance de l’Enfant-Jésus.

Vrai ou faux : le « cacha-fuèc » est une farandole endiablée se dansant autour du sapin

Ne confondez pas le Kazatchok, danse traditionnelle des Cosaques avec notre « cacha-fuèc ». Qui consistait, le 24 au soir avant la messe de minuit, à éteindre la bûche dans la cheminée en la recouvrant de cendres – d’où le nom « cache feu » -, puis de la rallumer à la sortie de la messe. Dès lors, la réponse coule de source : c’est faux !

Vrai ou faux :  Les 13 desserts sont un incontournable du Noël à Nice

Encore une de nos « févettes » trompeuses. C’est faux et un peu vrai à la fois. Faux et archi-faux historiquement, car les 13 desserts sont une invention de félibres provençaux dans les années 1920. Une sorte de clin d’œil, version gourmande, à la Cène, dernier repas de Jésus avec ses douze apôtres. Et comme Nice et le Comté n’ont jamais et ne font toujours pas partie de la Provence, les 13 desserts ne sont, dès lors, pas une de nos traditions.
C’est un peu vrai – pardon pour les puristes – car il n’y a pas de frontières imperméables entre les traditions et les us et les coutumes ont tendance à se mélanger ou à déteindre les unes sur les autres au fil du temps. Bref, les 13 desserts commencent à s’inviter sur les tables niçoises.

Vrai ou faux : Les quatre mendiants sont des fruits secs

Oui, c’est vrai, bien sûr. Pour rappel, à chacun des fruits secs correspond un des quatre ordres monastiques vivant de la charité. Il y a l’amande pour les Carmes aux pieds nus, la figue sèche pour les Franciscains, le raisin sec pour les Dominicains et la noix pour les Augustins.

Vrai ou faux : Trois nappes blanches à mettre l’une sur l’autre sur la table de Noël

C’est vrai ! Dans l’ancien temps de Calèna, pas question de nappes aux imprimés floconneux ou fantaisistes. Une table était en fête avec du blanc. Et pour Noël, il y avait trois nappes, de taille décroissante, à placer l’une sur l’autre. Chacune d’entre elles correspondait à l’un des trois repas du temps de Calèna. La première nappe est celle du « gros souper » le soir du 24 ; la deuxième, le 25 à midi pour le repas de Calèna et la dernière, le 25 au soir pour la « merenda » histoire de finir les restes. Pratique !

Vrai ou faux : Après le « gros souper », on laisse les miettes de pain sur la table, toute la nuit

Cela peut paraître étrange, mais c’est vrai ! Une fois le “gros souper” avalé, on laisse les miettes de pain et les desserts, toute la nuit, sur la table, bien en évidence. Pourquoi ? Pour aller plus vite au lit ? Pas du tout ! L’explication est à chercher ailleurs, dans un registre plus mystique. Les miettes de pain et les desserts du « gros souper » sont destinés à nourrir les « ameta », les petites âmes des morts. Autre précaution à prendre : relever les quatre coins des trois nappes afin que les mauvais esprits et les diables ne viennent s’y accrocher et grimper sur la table. Une manière en somme de conjurer le « mauvais œil » …

Vrai ou faux :  À Noël, toujours une assiette en plus sur la table

Vrai ! C’était l’assiette du pauvre – « per lou paure » – au cas où quelqu’un venait à frapper pour demander un peu de chaleur et du pain en cette nuit du 24 décembre si particulière. Voilà pour l’explication historique inspirée de la charité chrétienne lorsque l’ancien Comté est devenu terre catholique au IVe siècle après J-C.  Et puis il y a une autre explication issue des croyances et superstitions. En niçois « lou paure » désigne « le pauvre » mais aussi le mort. Cette assiette supplémentaire sur la table de Calèna est dressée pour les défunts de la famille afin de les associer par le cœur et l’esprit à ces festivités.

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