Compte à rebours : dans quatre semaines, à l’affiche du Palais Nikaïa, ce sera le grand soir pour un nouveau spectacle musical, Cyrano de Bergerac, création 100% niçoise portée par l’entreprenante société Directo prod.
Après Piaf et Aznavour notamment, deux de ses plus belles réussites, Gil Marsalla, passionné multirécidiviste de la chanson française, se lance dans un nouveau défi. Cette fois, toile de fond d’un spectacle événement, le producteur niçois revisite un autre monument national, le Cyrano d’Edmond Rostand. Sur la scène du Palais Nikaïa, le 15 novembre prochain, il donnera en effet les couleurs d’une comédie musicale à cet exubérant joyau théâtral, tragédie d’amour fou et œuvre culte inoxydable, qu’est le classique de Rostand. Droit dans ses notes, Gil Marsalla a fait appel à un duo d’orfèvres, pointures du showbiz, les musiciens, auteurs et compositeurs Stéphane Brunello et Philippe Hattemberg, pour donner ses plus échos les plus vibrants à l’entreprise. Intrigue transposée mais fidèle à l’esprit de la pièce, production menée tambour battant et sans cesse peaufinée au gré de remaniements successifs, distribution cinq étoiles : le spectacle promet de ferrailler joliment grâce aux mélodies accrocheuses de ce Cyrano chantant. Il faut dire que les duettistes paroles et musiques embarqués dans l’aventure ont déjà participé à plus d’un « musical » à succès, du Roi Soleil à Mozart l’Opéra Rock. En outre, Brunello vient du monde musical niçois où il a ensuite pris son essor d’artiste bien au-delà des frontières azuréennes. Il sera également le directeur musical et le guitariste du spectacle sur toutes ses dates de représentations en France et en Chine, lors de la tournée prévue. Professionnels du métier, un peu spin doctor ès comédie musicale, on a rencontrés les deux hommes pour évoquer « leur » Cyrano.
Comment avez-vous travaillé sur le projet ?


On fait tout ensemble, partition, livret. Stéphane est un poil plus musique mais autrement, on discute âprement sur tout (rires). L’idée de base, c’est Philippe, il est fan de Cyrano, il connaît tout sur la pièce. Ça nous trottait dans la tête d’en faire un musical pop rock et variétés à la française, un peu dans l’esprit du film Phantom of the paradise, la comédie musicale déjantée de Brian de Palma. On a transposé l’histoire en restant à la racine de l’œuvre originale. Notre version se passe dans les années 80 dans les milieux de la création musicale. Cyrano est un parolier qui écrit pour un chanteur à succès, Christian. Roxane a le rêve d’être danseuse étoile. Elle est éprise de Christian, comme une fan pas comme une femme mais ça, elle ne le découvrira que plus tard. Et il y a le comte de Guiche, qui devient un producteur de musique avec tous les clichés d’usage. On s’est bien amusés avec ce personnage fort en gueule, clinquant, qui déborde des cases et qui va apporter de la fantaisie.

Avant ce Cyrano, il y a eu une autre version du spectacle, Roxane, présentée en 2021 sur le port de Nice.
C’était une première adaptation, en effet. On l’a rejoué depuis mais on s’est aperçus qu’afin d’éviter toute confusion avec la chanson Roxanne ou un « tribute » au groupe Police (qui en est l’auteur) et puis parce que Cyrano était un titre tout de suite identifiable, il valait mieux renommer le spectacle. Á part ce changement, cette première mouture représente 90% du spectacle actuel, tout était déjà là, notre quatuor de personnages, la plupart des chansons et aussi un rôle clé du spectacle, celui de la récitante qui va raconter toute l’histoire. Cyrano est une tragédie grecque, on a mis l’accent là-dessus…
Au final, sur la scène du Palais Nikaïa où Cyrano est programmé pour la mi-novembre, que va-t-on voir et entendre ?




Ça va péter dans tous les sens (rires) ! On a rajouté du visuel pour faire le show, douze danseurs ont rejoint la production, et puis le cœur du propos, ce sera les vingt-trois chansons qu’on a composées et qui seront chantées live avec piano, guitare et quand cela l’exige, avec des bandes orchestre préenregistrées. Entre ces chansons, on a aussi glissé quelques tirades de Rostand dans les transitions parlées. Au fil du temps, le spectacle a été en évolution constante, on n’a cessé de l’améliorer. C’est un travail collégial. Gil Marsalla nous a fait confiance, en tant que producteur et metteur en scène, il a une vision globale tout en nous laissant une vraie place dans le projet. Avec Cyrano, on a aussi voulu rendre hommage à la grande variété française qu’on aime, celle de Michel Berger, de Jonasz, Julien Clerc, Barbara en y ajoutant un zeste de Queen, le groupe de Freddie Mercury… Le spectacle ne veut surtout pas être un énième concours de vocalises où ça vocifère dans tous les coins, on a privilégié une tonalité plus romantique, l’essentiel étant de conserver l’émotion des mots et des voix…
Cyrano de Bergerac le musical au Palais Nikaïa le samedi 15 novembre à 20h avant une grande tournée en France et en Chine / www.nikaia.fr
Piaf ! Le spectacle, autre création Directo prod, sera à l’affiche du Palais Nikaïa le vendredi 19 décembre à 20h / www.directoproductions.com

