A Nice, tout le monde connaît et chante (lors des matches de l’OGCN ou à l’issue de cérémonies patriotiques), l’hymne « Nissa la Bella », mais qui pourrait citer l’auteur de cette chanson qui fait la fierté de notre ville ?
Qui se souvient en effet, en 2026, du chansonnier-journaliste François-Dominique Rondelly, dit Menica Rondelly ? C’est le 6 janvier 1854, rue Droite (au cœur de la vieille-ville), que nait le petit Francesco-Domenico Rondelly, dans un Comté de Nice toujours sous gouvernement sarde. Baptisé le 11 janvier dans la paroisse Saint-Jacques-le-Majeur (église du Gesu), il est le fils de Carolus Rondelly et Anna Maria Antonia Astraudo, des négociants locaux. Son nom de plume, Menica, est le diminutif de Dominique en niçois.
UN SOLDAT DE GARIBALDI
Etudiant au lycée de Nice, il s’engage le 1er septembre 1870 dans les légions garibaldiennes pour soutenir la jeune République française et est affecté au 1er bataillon de chasseurs des Alpes-Maritimes. Le 6 janvier 1871, il participe à Dijon aux combats victorieux de Garibaldi contre les Prussiens. Le 2 juin 1902, il sera le premier érudit niçois à venir rendre hommage à Garibaldi, sur sa tombe à Caprera (une île au large de la Sardaigne où l’éternel révolutionnaire termina ses jours).
Au lendemain de son périple garibaldien, le jeune Rondelly, démobilisé, trouve un emploi au Tribunal civil de Nice avant, en 1875, de partir effectuer son service militaire, au 5e Zouaves à Oran. Deux ans plus tard, Rondelly rentre à Nice au sein du 111e régiment d’infanterie.

Dès lors, il va occuper plusieurs emplois : fabriquant de savon avec son père, négociant en vins, employé à la bibliothèque municipale et enfin administrateur-bibliothécaire au Muséum d’Histoire Naturelle. Son activité professionnelle lui laissant du temps libre, il peut se consacrer à ses passions : sa ville natale et l’écriture. En 1887 il fonde l’Union Garibaldienne, en 1903 l’Académie Rancher et en 1921, le Comité des traditions niçoises. C’est au Comité des traditions niçoises qu’on doit la réalisation du superbe monument à la gloire de Catherine Ségurane, l’héroïne niçoise qui fit reculer l’envahisseur turc lors du siège de Nice de 1543.

UN AUTEUR MULTI-CARTES
Militant de l’identité niçoise, Menica Rondelly compose plusieurs centaines de chansons, dont La rouseta de Nanoun (crée par Mary Legay à l’Eldorado) et, bien évidemment, A la mieù bella Nissa, qui devient plus tard Nissa la Bella et sera chantée pour la première fois en 1903 au Politéama. Le barde niçois écrit également des articles de presse et fonde, en 1900, le journal littéraire et satirique La Ratapignata (la chauve-souris, en niçois). Touche à tout de talent, Menica écrit des pièces de théâtre (dont Lou Présepi Nissart, une comédie lyrique de Noël en trois actes), ainsi que de nombreux textes en français ou en niçois comme Les grands événements de Nice 1860-1910 ou La Vie politique d’Alfred Borriglione.

C’est également à son engagement sans faille pour Nice et ses traditions que l’on doit, en 1908, la renaissance du festin des Cougourdons à Cimiez et la création d’une « fête de printemps », qui va faire revivre la tradition locale des Mais avec le soutien des comités de quartiers.
C’est le 27 juin 1935 que Nice perdra l’un de ses enfants le plus prodigues et talentueux. Menica Rondelly est enterré au cimetière du Château et une montée, partant de la place Sainte-Claire et ornée d’un splendide bas-relief, porte son nom et rappelle à tous les passants le souvenir de celui qui aima Nice plus que tout au monde.
Victor Sayac, ancien directeur du Cercle Molière de Nice et contemporain de Rondelly, écrira sur lui : « Avec sa cravate immuablement blanche, son chapeau de feutre ayant reçu un petit coup de poing, toujours souriant, toujours de bonne humeur, sa moustache bien noire, sa silhouette était très populaire ».

.

