Il est entré à la mairie en 1989 et depuis, il n’a plus quitté les sphères culturelles niçoises. Une médaille d’or du travail est venue ce printemps mettre à l’honneur ses trente-cinq ans de bons et loyaux services. En parallèle de son parcours municipal, notre homme est aussi un passionné de musique, compositeur d’une œuvre ample et foisonnante. Maestro !
Le mot est de lui, qu’il dit en riant. « Je suis très poly-gamme ! ». Aussitôt cela fait tilt. Joli trait d’esprit pour se présenter sans fioritures. Aller droit à l’essentiel : la musique ! Car s’il est niçois, agent en mairie depuis de longues années, Georges Gondard est surtout et avant tout un musicien autodidacte et compositeur chevronné. Alors, il a certes reçu une médaille d’or du travail qui lui a été remise en bonne et due forme lors d’une cérémonie mais tout aussi bien, il aurait pu se voir décerner un diapason d’or pour l’ensemble de son œuvre ! Pour couronner le tout, depuis une dizaine d’années, Georges Gondard exerce ses fonctions au sein du Palais Lascaris, lequel palais abrite la prestigieuse collection d’instruments baroques de Gisèle Tissier et d’Antoine Gauthier. La musique, côté travail ou côté création, il n’en sort pas en somme et du reste, elle est son élément, son oxygène. Entre elle et lui, tout a commencé enfant. « En classe de sixième, pendant un cours d’éveil musical, j’entends pour la première fois le Sacre du Printemps de Stravinski, raconte Georges, et je me suis levé malgré moi comme un seul homme pour faire mine de diriger l’orchestre. Mes copains rigolaient mais je ne voulais pas faire le clown, c’était une impulsion, plus forte que tout ! Depuis, Stravinski est resté mon compositeur préféré… »
Partitions sans frontières

Plus tard, l’adolescent se découvre des affinités avec les bandes originales de films, plus qu’avec les films. John Williams pour Les Dents de la mer de Spielberg avec Jaws le requin. Georges Delerue pour Le Mépris de Godard avec Bardot. Et tout en haut de son ciné panthéon musical, le compositeur Jerry Goldsmith pour Papillon avec Steve McQueen, Chinatown avec Jack Nicholson ou la Planète des Singes avec Charlton Heston. « Mon tempérament et mon goût me portent vers ces musiques d’atmosphère, des crescendos de sons continus », explique celui qui vient à son tour de composer une musique de film pour une réalisatrice turque. Les partitions de Georges Gondard sont en effet sans frontières. Ses compositions sont une véritable ode à des accords paneuropéens et bien au-delà, jusqu’au Japon. Dans un avion, en 1994, le hasard qui souvent donne des ailes aux choses humaines met sur sa route un chef japonais, Masahiko Kurano. Un échange s’établit, Georges lui parle de l’opus qu’il a écrit en hommage aux victimes pour le cinquantième anniversaire d’Hiroshima et de Nagasaki. Le chef s’en souviendra et dirige l’œuvre à Kyoto, avec sa classe du conservatoire de Kyoto. Georges est sur place pour l’occasion et son émotion est à son comble !
Confidence d’un musicien

Pas autant que celle qui le saisira lors de la création d’une autre page musicale née de son bouleversement après l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade. Comme un cri du cœur, sa sensibilité de Niçois et de musicien lui dicte alors une Nissa la Bella réorchestrée dans une tonalité élégiaque. La composition, « Pour les Anges », sera jouée quelques années après la tragédie, en l’église Saint-François de Paule. Des rencontres et des frissons, le tourbillon d’une vie entre son clavier musical connecté et son travail d’agent… En regardant dans le rétroviseur pour les besoins de cet article en forme de portrait, Georges Gondard tient aussi à évoquer une autre rencontre déterminante. Celle avec Urs Brodmann, qui a été le chef de l’Harmonie municipale de Nice au début des années 90. « En côtoyant cet artiste, en assistant à ses répétitions avec l’orchestre, c’est comme si mes oreilles s’étaient agrandies ! ». Confidence d’un musicien accompli qui s’est aussi produit à l’Opéra de Nice, pour une composition éclair pleine d’éclat à l’occasion de l’anniversaire de l’Orchestre Philharmonique, en 2017. Georges Gondard a tant à raconter, à composer… Paroles et musiques, on est tout ouïe !
Pour entendre la musique de Georges Gondard
Rendez-vous le 15 août à 17h en l’église Saint-François de Paule pour un concert au cours duquel seront données (entre autres) deux pièces pour orgue et voix de Georges Gondard. On peut aussi retrouver les compositions de celui-ci sur sa page YouTube.

