Quatre soirées, deux scènes, vingt-huit concerts. Un line-up international au summum du son comme on l’aime l’été à la belle étoile, festif, scintillant, euphorisant. Ne cherchez plus. Au cœur de la ville, entre jardin Albert 1er et Théâtre de Verdure, vous êtes au bon endroit. Compte à rebours.
Encore deux semaines avant de replonger dans ses bains de foule et de décibels, dans ses climax de night fever. Après avoir adopté un nouveau nom de scène l’an dernier et avoir affûté sa formule pour encore plus de son et de fun, revoilà le Nice Jazz Fest, édition 2, mouvance nec plus ultra des nuits d’été niçoises. Y a du clubbing dans l’air, des effusions pour des artistes qui font vibrer. Y a surtout du beau monde à l’affiche et une effervescence musicale au shaker pour des cocktails de rythmes, de mélodies et de registres qui puisent leurs sucs dans le jazz et bien au-delà, dans tout ce qui fait swinguer, groover, kiffer le nectar des musicien(ne)s d’aujourd’hui. Rien d’embaumé dans une pieuse célébration d’une pure note bleue, ici, c’est le mélange des genres qui fait loi, qui insuffle au Nice Jazz Fest sa vibration, sa longueur d’ondes aussi stylée que débridée !
MAGA (Make America Groove Again)
Côté programmation, les noms se mixent allègrement. Stars, pointures, nouveaux venus, le festival joue sur des formats qui font la part belle à des artistes au top, pour des concerts qui s’adressent aussi bien au grand public qu’aux connaisseurs. Pour les initiés, néophytes bienvenus évidemment, on signale la présence de musiciens de référence dans le monde du jazz. Le guitariste John Scofield est de ceux-là, tout comme le pianiste Sullivan Fortner qui se produira en trio avec John Clayton et Jeff Hamilton pour un hommage au pianiste de légende Oscar Peterson. Christian McBride, Benny Green et Gregory Hutchinson, eux, célèbreront le jazzman Ray Brown. Tous américains, ces gentlemen ont l’art de donner à leur musique les inflexions les plus authentiquement jazz. Á l’ombre de ces prestigieux aînés, Tyreek McDole, révélation de la jeune scène jazz new-yorkaise, sera lui aussi dans la place.
Comme ça vous chante…
On change de crémerie mais on reste dans la crème de la crème de la scène musicale actuelle. Mouvance rap, Freddie Gibbs et El Michel Affairs, Mustard, GoldLink, le duo EarthGang figurent (entre autres) sur la playlist du festival. Chacun à leur façon, ces gars-là envoient du lourd et déjouent les clichés trop souvent associés au rap, soit pour en jouer, soit pour faire entendre toute sa diversité. Et puis, pour varier les plaisirs, il y aussi celles et ceux qui vont mettre leur grain de soul dans la programmation, le classieux Jalen Ngonda, crooner à la voix taillée façon cristal, en premier lieu. Á ce stade de cet aperçu, on s’aperçoit que ces dames n’ont pas encore fait leur apparition entre ces lignes. Ce n’est que pour mieux les faire briller dans tout l’éclat de leurs talents ! Parmi les six jazz ladies qui seront à Nice fin juillet, c’est China Moses qui ouvrira le bal en mode soul dès le premier soir du Nice Jazz Fest. Le même soir, Raye, nouvelle sensation venue d’outre-Manche, voix d’ensorceleuse sensuelle aux octaves de satin, sera elle aussi à l’affiche. Face à cette sirène des micros, les chanteuses Jorja Smith et Ekep Nkwelle, chacune à son tour, n’ont pas l’intention de faire de la figuration. L’une et l’autre propagent dans l’air des sonorités très distinctes. Jorja Smith dans un registre pop R&B. Ekep Nkwelle tissant sa voix de frissons jazzy. C’est un beau plateau vocal qui va ainsi se succéder au fils des soirs sur les scènes du Nice Jazz Fest. Quant à Nubya Garcia, autre modulation féminine attendue, cette musicienne britannique est tout à la fois saxophoniste, DJ, compositrice.
Le club des cinq
En toute subjectivité, on a rangé dans cette catégorie nos chouchous, en pensant qu’ils avaient aussi de fortes chances d’être les vôtres, peut-être ? On n’a pas fait original ou plutôt oui. Que des valeurs sûres, en version très originale, par définition. Qui ont su s’attirer la faveur des foules sans renoncer à leur singularité. Celle qui fait de chacune et chacun d’eux ce qu’on appelle des têtes d’affiche. Avec l’inimitable M, électron libre d’une joyeuse folie communicative, on est en plein dedans. Il sera à Nice en version Lamomali, le groupe qu’il a imaginé avec des musiciens maliens et la diva Fatoumata Diawara. Le célèbre contrebassiste et chanteur Avishai Cohen, lui, sera là en formation quintette. Sa musique invite au plus fringant des voyages en territoire jazz. Eux donnent dans la plus pop des rock’n’roll attitudes. Avec leur répertoire qui vise juste pour dire le sentiment de vivre en dansant sur le volcan du monde et de l’époque, les cinq garçons dans le vent du groupe Feu ! Chatterton ne devraient pas manquer d’embraser la ferveur du public niçois. Autre allumeur public, Joey Starr. Figure de la sphère people, le rappeur comédien et DJ à ses heures animera en effet le village du festival, la Merenda, en proposant tous les soirs des sets de musique gourmets avec la complicité de grands chefs pour une expérience mêlant sons et saveurs. Et puis soudain, la voici la voilà ! Madone des claviers à la voix de diva, c’est elle qui clôturera en apothéose le Nice Jazz Fest. Le cœur battant, on attend Santa, l’enfant du pays, marraine de cette édition, pour une de ces prestations échevelées dont elle a le secret !

Nice Jazz Fest du 24 au 27 juillet / toute la programmation sur www.nicejazzfest.fr
Tarif adulte : entre 45€ et 48€ Tarif enfant de 0 à 3 ans : gratuit. Tarif enfant de 4 à 17 ans : entre 32€ et 35€ Tarif étudiant : entre 32€ et 35€



