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Raymond Pellegrin, un immense acteur niçois

Si en 2026 son nom n’est pas le plus connu du cinéma français, son visage et, plus encore, son inimitable voix font de Raymond Pellegrin une figure incontournable du 7e art.

Ce grand acteur est né à Nice le 1er janvier 1925, au sein d’une famille d’émigrés italiens fraichement installés en France. A l’âge de 14 ans, le futur comédien perd son père, Attilius Pellegrini (qui tient le restaurant « La poularde ») et doit abandonner l’école afin d’aider Louise, sa mère. Il va alors cumuler les métiers, tout à tour garçon dans un restaurant, manœuvre dans le bâtiment ou encore marchand de glaces. Le jeune homme qui rêvait de devenir officier de marine découvre le cinéma et se met à suivre, au début des années 1940, des cours d’art dramatique auprès de l’actrice Pierrette Caillol. Son premier rôle, il le tient dans la pièce de Roger Ferdinand, « Le Président Haudecoeur », sur les planches du Palais de la Méditerranée. Sur grand écran, les débuts sont modestes et il joue un petit rôle dans le film « Six petits filles en blanc » (1941), tourné aux studios de la Victorine avec Jean Murant et Janine Darcey. C’est sa rencontre avec Marcel Pagnol qui va véritablement lancer sa carrière puisque le grand auteur lui offre le rôle-titre de sa pièce « Topaze », lors de sa reprise au théâtre de Monte-Carlo. A la Libération, Pagnol fera tourner le jeune comédien dans le film « Naïs », dans lequel il interprète un jeune homme de bonne famille qui séduit une jeune fille de la campagne jouée par Jacqueline Bouvier (qui deviendra l’épouse de Marcel Pagnol), aux côtés de Fernandel dans le rôle d’un bossu au grand cœur. Marcel Pagnol retravaillera avec Raymond Pellegrin à plusieurs reprises : en 1947, en lui offrant le rôle de Césariot dans une reprise de « César », sur les planches parisiennes du théâtre des Variétés, puis en 1952, en lui confiant le rôle de l’instituteur qui tombe amoureux de la sauvage Manon, à l’occasion du film « Manon des sources ».

“Naïs” (1945)

Son premier grand rôle au cinéma, c’est le cinéaste Jacques de Baroncelli qui le lui propose en 1945, dans le film « Marie la misère ». Tout au long de sa belle et longue carrière, Raymond Pellegrin tournera avec de grands réalisateurs : André Cayatte pour « Nous sommes tous des assassins » et Henri Verneuil pour « Le fruit défendu » (deux films tournés en 1952), Sacha Guitry pour « Napoléon (1955), Jean-Pierre Melville pour « Le deuxième souffle » (1966), Yves Boisset pour « Le saut de l’ange » (1971), Claude Lelouch pour « Les uns et les autres » (1980) et « Viva la vie » (1983) ou encore Philippe de Broca  pour « Louisiane » (1984).

« Nous sommes tous des assassins » (1952)
“Napoléon” (1955)

L’acteur niçois va également tourner aux Etats-Unis, pour des cinéastes prestigieux comme Nicholas Ray (« Amère victoire » en 1957), Sidney Lumet (« Vu du pont » en 1962) ou Fred Zinnemann (« Et vint le jour de la vengeance » en 1964). A la fin des années 1960, durant une relative traversée du désert, il part en Italie tourner quelques films moins mémorables comme ce « Liens d’amour et de sang », exécuté par Lucio Fulci en 1969.

“Amère victoire” (1957)
“Vue du pont” (1962)

Pour des millions de spectateurs des salles obscures puis du petit écran, Raymond Pellegrin c’est également la voix inoubliable de Fantomas. Dans les trois films réalisés par André Hunebelle, il double le personnage joué par Jean Marais, avec cette voix que l’acteur et écrivain Dominique Zardi qualifiait de « plus belle voix du cinéma français ».

Avec plus de 120 films à son actif, de nombreuses pièces, des téléfilms, des séries (dans les années 1980, il jour le méchant Monsieur Kovalic », dans la saga Châteauvallon), Raymond Pellegrin aura durablement marqué de son indéniable présence et de son immense talent le monde des arts.

Il s’éteint le 14 octobre 2007 à Garons, dans le Var, et repose au côté de son épouse Gisèle Pascal au cimetière de Sillans-la-Cascade.

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