Chaque vendredi pendant 5 semaines, Nice24.fr vous propose de revenir sur l’histoire des statues niçoises (3/5).
Boum, quand le cœur de la Reine Victoria faisait boum pour Nice, loin des rigueurs et de l’étiquette corsetée de la cour des Windsor… Reconnaissante, la ville lui a fait ériger un mémorial, en 1912. Il trône au sommet du boulevard de Cimiez, tout près de l’endroit où Her Most Gracious Majesty prenait ses quartiers de printemps, au Regina…
C’était un temps où les villégiatures royales étaient monnaie courante sous les latitudes de la Riviera. Au tournant des XIXème et XXème siècles, à la Belle Epoque. Nice tirait son épingle du jeu et avait su s’attirer les faveurs d’une clientèle titrée, nantie et puissante. Destination tendance, place to be à la façon d’un Dubaï aujourd’hui, à la différence près que les influenceurs ont remplacé les aristocrates… Quoi qu’il en soit, Nice caracolait en bonne place dans ce nouveau monde des plaisirs, de l’argent et du pouvoir. Point culminant de cet engouement, la Reine Victoria va avoir un crush, jeter son dévolu si vous préférez, pour Nissa la bella. Elle y vient en longs séjours de plusieurs semaines, à cinq reprises, les dernières années de sa vie, entre 1895 et 1900. Elle s’éteindra en 1901.
Les secrets de Victoria
Celle que l’on surnomme alors la grand-mère de l’Europe (sa famille à elle toute seule constituait un échantillonnage de nombre de nationalités européennes) trouve à Nice sa dolce vita. Promenades dans l’arrière-pays, plaisirs culturels entre concerts et lectures, Victoria a aussi ses secrets. Elle voyage notamment sous le pseudo de Lady Balmoral mais pour autant ne passe pas incognito dans le paysage. Il faut dire qu’après ses premiers séjours niçois où elle résidait à l’Hôtel Vitali, annexe du Grand-Hôtel de Cimiez (qui n’est autre que la partie historique de l’actuel Hôpital de Cimiez), un vaste et somptueux édifice est construit pour elle, l’Excelsior Regina Palace. Avec sa suite, la Reine mobilise pas moins de soixante-dix pièces sur les deux cents chambres de l’établissement, œuvre de l’architecte niçois Biasini. L’aile ouest, qui lui est réservée lors de ses venues, est surmontée d’une couronne. Victoria devient ainsi l’hôte de prestige des lieux dès 1897.

Queen des cœurs
Quand sa mort survient en 1901, c’est le journal républicain Le Petit Niçois qui va prendre l’initiative : lancer un appel à souscription pour financer un mémorial dédié à la très populaire souveraine, Queen du cœur des Niçoises et des Niçois. Créée en marbre blanc par le sculpteur Louis Maubert, la statuaire représente Victoria, entourée par une farandole de jeunes femmes en fleurs symbolisant les villes azuréennes qu’elle aimait, Nice, Cannes, Grasse et Menton. Le tout est inauguré en 1912 dans le parc du Regina lors de réjouissances célébrant l’Entente Cordiale entre la France et l’Angleterre. Raymond Poincaré, le président de la République, est là. Aujourd’hui, c’est ce mémorial qui figure en bonne place sur le boulevard de Cimiez, au même emplacement inchangé, le parc du Regina, lui, ayant été retaillé au fil du temps. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, durant l’occupation allemande, le monument va subir des dégradations. Il est restauré après la Libération.


