Au plus près des étoiles : sous la coupole d’Eiffel, le grand bal des constellations se donne en spectacle au bout des télescopes des astronomes qui travaillent dans ces bâtiments qui surplombent la ville, au faite du Mont Gros. Mais soudain, ce jour-là, le feu du ciel cède place à l’urgence d’un feu de forêt qui menace le site. Retour sur l’incendie du 31 juillet 1959…
On le voit d’à peu près partout, où qu’on soit dans Nice. Perché sur la colline du Mont Gros, comme une présence familière, ses deux coupoles comme des petites bulles de rêve dans le paysage. Notre maison blanche à nous, les Niçoises et les Niçois, avec pour bannière étoilée l’immensité de la voie lactée. L’Observatoire est un haut lieu de l’imaginaire collectif local (pour les enfants rêveurs) et un grand centre d’études spatiales. Le 31 juillet 1959, passé midi, il a pourtant bien failli passer de vie à trépas. Sans l’intervention musclée de près de quatre cents pompiers bien résolus à en découdre avec l’incendie qui faisait rage alentour, il ne serait sans doute reste de ce beau vaisseau du savoir que des décombres et des cendres.
Lutte acharnée
Dans l’écrin forestier où est niché l’Observatoire, l’embrasement est immédiat. Il y a du vent ce jour-là qui vient encore attiser les choses par des rafales saccadées, promptes à relancer les flammes. Avec ses pins et ses oliviers, le Mont Gros se retrouve en feu et le bâtiment qui abrite la bibliothèque du centre est quasi encerclé (sur trois côtés). Les arbres se transforment en hautes torches indomptables. Des maisons sont évacuées. En réalité, bien au-delà du seul Mont Gros, d’autres foyers, comme des traînées de poudre, sévissent dans le sillage de la grande corniche. On dénombre encore à la date du 31 juillet 1959 cinq incendies dans les Alpes-Maritimes, du côté de Cabris et du Plan-de-Grasse, de Vence, et Nice n’est pas en reste. Outre le Mont Gros et le Mont Boron, Lingostière, Saint-Roman de Bellet et Saint-Antoine de Ginestière ne sont pas épargnés. Emmenés par le lieutenant Marcillon et l’adjudant Massiera, les pompiers mènent une lutte acharnée pour venir à bout du sinistre aux abords de l’Observatoire. Dans la nuit, la situation est enfin maîtrisée. L’origine du feu est-elle due à des actes de malveillance ? L’hypothèse encore à ce jour n’est pas exclue. L’Observatoire a été sauvé. Cinq pompiers sont légèrement blessés. Le pire a été évité.

