Rebaptisée « halle de la découverte », la halle de la Gare du Sud vogue désormais sous d’autres couleurs. Celles d’un espace récréatif où la culture joue une carte grand public, volontiers familiale, où petits et grands sont les bienvenus et où la gratuité est de rigueur. Jusqu’au 5 juin, elle accueille une exposition ludique et immersive consacrée à Léonard de Vinci.

Ici, depuis la semaine dernière, d’autres nourritures attendent les visiteurs. Vous êtes à la halle de la découverte, quartier Libération, et le menu des réjouissances proposées sur place est délicieusement savoureux ! Entendez par là que la nef de l’ex Gare du Sud, d’abord sous pavillon restauration, affiche de nouvelles ambitions, à vocation culturelle. La transformation des lieux a été rondement menée par l’équipe de la direction du réseau des bibliothèques municipales et le résultat ne s’est pas fait attendre. En étroite connexion avec la médiathèque Raoul Mille, sa voisine de palier dans l’ancien bâtiment ferroviaire qui abrite leurs locaux, la halle s’offre à présent comme un écrin pour vivre et partager sur place de nouvelles modalités d’accès aux choses du savoir et des arts, dans une approche résolument fédératrice et démocratisée de la culture. Démonstration avec l’exposition inaugurale des lieux, « Léonard de Vinci – A la croisée des arts et des sciences ».

C’est pas sorcier !
Le papa de la Joconde, c’est lui, et bien d’autres merveilles encore. De l’Homme de Vitruve au pionnier de l’aviation avec les esquisses de ses folles machines volantes : tout cela fait partie de la légende d’un homme hors du commun, aux allures de Merlin l’enchanteur. Il était à la fois un peu sorcier et alchimiste, dirait-on pour esquisser sa dimension de quasi démiurge, mais surtout scientifique novateur et affûté, aimanté par l’inconnu, libre penseur. On l’appelait Léonard de Vinci ! Evoquer le génial créateur, maître toscan de la Renaissance, a déjà tout en soi d’un récit d’aventures extraordinaires. Sa vie et son travail d’artiste et de savant, d’inventeur visionnaire, font de lui un de ces esprits universels qui ont contribué à forger le visage de notre humanité. L’exposition présentée à Nice ne se prive pas de faire son miel de cet héritage captivant. Elle assure le spectacle en quelque sorte, en misant sur deux tableaux : être à la fois informative et rigoureuse, et inviter le visiteur à se faire plaisir au gré d’un parcours d’œuvres et d’animations ludiques et immersives. D’abord montrée à Rennes puis à Villeneuve d’Ascq, l’exposition a pour matrice les instances du Château du Clos Lucé qui font autorité pour tout ce qui a trait à Léonard de Vinci, le Château du Clos Lucé qui, rappelons-le, fut la dernière demeure de l’artiste.

Da Vinci code décodé…
Evidemment, esthètes et autres experts spécialistes de Léonard passeront leur chemin. L’exposition se donne à voir davantage comme un parc à thème qu’un musée. Informer et divertir, tout son propos est là. Toutes les œuvres, dessins, esquisses, tableaux qui jalonnent l’espace de la halle sont d’authentiques fac-similés. On y retrouve toute l’incroyable panoplie de superhéros des temps modernes qu’on a en tête dès lors qu’on imagine ce fabuleux créateur qu’était Léonard de Vinci. Il y a là, soit représenté à grande échelle soit à travers des jeux sous formes de maquettes manipulables (à hauteur d’enfant notamment), tout un arsenal qui relève d’un imaginaire débridé. Les ancêtres du parachute et du char d’assaut figurent dans cet inventaire protéiforme. Suspendu dans les airs, un prototype d’homme volant, dans une machinerie poétique d’ailes déployées, fait son effet. Un cabinet de dissection, lui, se dérobe au regard des plus jeunes pour ne pas heurter les sensibilités car notre homme se piquait également d’aller percer les secrets de notre condition jusqu’aux tréfonds de l’humain. Quant aux tableaux de l’artiste, on peut les admirer (au nombre de dix-sept sur les vingt-deux qui lui sont attribués) en copies présentés dans de luxueux cadres en accédant à la coursive juste au-dessus de la halle. Les copies ont été réalisées, dans un parfait souci de reproduction, par impression numérique retouchée à la main par des copistes. L’exposition fourbit aussi tout un dispositif d’écrans tactiles et de panneaux pédagogiques pour guider le visiteur au gré de repères biographiques sur la vie et l’œuvre de l’inclassable hôte de ces lieux. Ingénieur, anatomiste, urbaniste, peintre… Vous avez dit décoder Léonard de Vinci ? Vaste et passionnant défi que l’exposition relève avec brio !

Exposition « Léonard de Vinci – A la croisée des arts et des sciences » à la Halle de la Découverte jusqu’au 5 juin
Entrée gratuite du lundi au vendredi, de 10h à 19h / les samedi et dimanche de 10h à 18h.


