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Gaby Morlay, symbole de la femme libre des « années folles »

Si vous déambulez dans les allées du cimetière de Saint-Antoine-de-Ginestière, sur les collines niçoises, vous aurez peut-être l’occasion de passer devant la tombe de Blanche Pauline Fumolea, plus connue sous le nom de scène de Gaby Morlay.

Actrice qui fit, durant un demi-siècle, les beaux jours du cinéma français, Gaby Morlay est née le 8 juin 1893 à Angers, dans le Maine-et-Loire. Cinquième enfant d’une fratrie de quatre sœurs et quatre frères, c’est une petite fille joyeuse et dissipée. Son père, Jules Fumoleau (un Vendéen) et sa mère, Marie Madeleine née Gicquiaud (une Bretonne), se sont installés à Angers pour ouvrir une boulangerie.

Trop libre pour l’époque, la future Gaby Morlay est mise en pension au couvent de Lisieux mais, à 15 ans, elle s’enfuit de cette « prison ». Ramenée à la maison par la gendarmerie, elle s’échappe à nouveau et gagne Paris, où elle s’installe chez une amie et commence à prendre des cours de dactylo pour devenir secrétaire.

Un soir, alors que les deux jeunes femmes assistent à une représentation d’une revue au théâtre des Capucines, la lumineuse Blanche éclate d’un rire si unique qu’elle attire l’attention du directeur du théâtre, Armand Berthez. Séduit par cette lumineuse beauté, il lui propose de devenir actrice. Elle n’a que 16 ans lorsqu’elle rejoint une troupe de chorus girl, puis débute sur scène après quelques cours d’arts dramatiques…sous le pseudonyme de Gaby Morlay. Talentueuse et dégageant une énergie toute solaire, elle séduit l’auteur dramatique Louis Verneuil, qui la met en vedette dans sa pièce « Le traité d’Auteuil » (1918). Les années suivantes, elle confirme son succès théâtral en jouant aux côtés de Jules Berry ou Lucien Guitry, notamment dans la pièce « Après l’amour », qui la consacre définitivement. Des planches à la scène, il n’y a qu’un pas, qu’elle franchit aisément, tout d’abord dans un court-métrage patriotique de Max Linder, puis dans de nombreux films muets comme « Le Serment d’Anatole » de Georges Monca, « L’Agonie des aigles » de Dominique Bernard-Dechamps et Julien Duvivier, ou « Jim la Houlette, roi des voleurs » de Roger Lion et Nicolas Rimsky.

Lorsque le cinéma parlant fait son apparition, Gaby Morlay poursuit sa carrière tout naturellement, en tournant devant les caméras de Maurice Tourneur dans le film policier « Accusée levez-vous ! » (1930). Les tournages vont s’enchaîner et Gaby impose son physique de Vamp dans « Faubourg Montmartre » de Raymond Bernard, « Le scandale » de Marcel Lherbier, « Les amants terribles » de Marc Allegret ou « Vertige d’un soir/La peur » de Victor Tourjansky. Parallèlement à ses rôles de séductrices tourmentées, Gaby excelle également dans des rôles plus légers, comme dans « Le roi » de Pierre Colombier, où elle incarne l’épouse de Raimu, ou dans « Quadrille » de et avec Sacha Guitry.

À côté de ses activités artistiques, Gaby Morlay est une sportive accomplie et en 1920 elle participe à la 13ème édition de la traversée de Paris à la nage. Pratiquant l’équitation, la boxe et le patinage, elle obtient en 1920 son brevet de pilote d’avions et de pilote de dirigeables.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, elle joue des rôles plus mélodramatiques, incarnant des femmes plus âgées et victimes de la vie. Après le conflit, elle retrouve le chemin des comédies, avec Guitry (« Si Versailles m’était conté », en 1953), André Hunebelle « L’impossible monsieur Pipelet », en 1955) ou Paul le Chanois (« Papa, maman, la bonne et moi », en 1954). Elle tourne son dernier film en 1964, aux côtés de Jean Gabin, Philippe Noiret et Mireille Darc : la comédie « Monsieur » de Paul le Chanois.

Atteinte d’un cancer, Gaby Morlay va s’éteindre à Nice, dans sa villa située sur la colline de Fabron, le 4 juillet 1964, à l’âge de 71 ans. Ses obsèques sont célébrées en l’église de Saint-Pierre d’Arènes.

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