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mardi 27 octobre 2026

« C’était une édition exceptionnelle ! »

INTERVIEW DU JOUR AVEC GRAIG MONETTI

Adjoint au Maire, délégué à l’Événementiel, à la Jeunesse et à l’Égalité des chances.

Pourquoi les meilleures choses ont-elles une fin ? Le Nice Jazz Fest vient de s’achever. Une fois encore, il a tenu toutes ses promesses et bien au-delà. Cette année, le premier festival de jazz au monde a prouvé, à nouveau, qu’il savait se réinventer tout en restant fidèle à son ADN. Retour sur un événement majeur, créateur de souvenirs, d’émotions et de partage avec l’une de ses figures incontournables, Graig Monetti.

Quel bilan pour le Nice Jazz Fest ?

C’était une édition exceptionnelle. Nous avons battu le record de fréquentation avec plus de 44 000 personnes ! Nous avons partagé beaucoup d’émotions, de grands moments. C’est tout l’objet de ce festival. Au-delà d’être une réussite extraordinaire, je suis extrêmement reconnaissant envers toutes celles et tous ceux qui y ont participé que ce soit dans l’organisation mais aussi en tant que spectateurs. Ce festival regagne toutes ses lettres de noblesse, son caractère, sa force, sa puissance. C’est un festival immense à l’échelle historique, émotionnelle, de la ville aussi naturellement. Cette édition est à l’image de la relation affective que les Niçois ont pour lui. Et nous avons envie d’écrire à nouveau des pages encore plus belles pour le prochain.

Les nouveautés de cette édition ?

Tout est nouveau par définition. La programmation déjà dont chacune et chacun a pu constater sa qualité, ses particularités. C’est une programmation que vous ne retrouvez nulle part ailleurs. C’est du sur-mesure. Parfois vous avez des festivals qui proposent les mêmes artistes au même moment. Ici, non. C’est le savoir-faire de Sébastien Vidal (le directeur artistique du Nice Jazz Fest ndlr.), de ses équipes, de celles de la Ville de Nice. J’ai vu beaucoup de Niçois qui venaient sans connaître les artistes et qui en sont sortis totalement conquis. Je trouve cela magique. C’est cela notre signature. Proposer Gregory Porter avant qu’il ne devienne Gregory Porter, Jamie Cullum… Essayer d’être en avance quitte à l’être un peu trop plutôt que d’être en retard… C’est le curseur sur lequel nous travaillons. De ce point de vue, la programmation, les moments musicaux, les 28 concerts étaient absolument géniaux. Ensuite, il y a eu de nombreuses surprises. J’ai cherché à créer une intensité permanente. Où que vous étiez, il se passait quelque chose. Que ce soit dans le village de la Merenda avec JoeyStarr et ses chefs culinaires qui ont concocté des menus sur-mesure à l’occasion de ce festival, différentes activités, les concerts sur la scène de Masséna, le Kid’s club que nous avons appelé « Ramène ta fraise » où les enfants s’en sont donnés à cœur joie. A tel point qu’ils ne voulaient plus rentrer chez eux à la fin de la soirée !  Les « Jam Sessions » qui ont laissé des souvenirs inoubliables… Je suis particulièrement content car je crois que nous avons réussi à rendre ce festival aux festivaliers. En lieu et place de l’immense carré VIP au kiosque à musique, nous y avions installé un espace ouvert à tous où l’on pouvait partager, échanger, être ensemble. C’est ce qui reflète la philosophie générale de cette édition et aussi la musique, finalement. Le partage.

Les évolutions de ce festival au fil des ans ?

Ce festival est protéiforme. 1948, un concert à l’Opéra de Nice qui l’inscrit comme le premier festival de jazz au monde. Ensuite, sa forme parade d’inspiration presque carnavalesque mélangeant le jazz, ces grands moments à Cimiez, l’arrivée en centre-ville avec la reprise en régie par le maire de Nice et aujourd’hui, le Nice Jazz Fest qui est en train de marquer une nouvelle ère, d’écrire une nouvelle page. A l’image de ce qu’est le jazz, ce festival n’a pas à être défini car il est en évolution permanente. Miles Davis disait d’ailleurs « celui qui définit le jazz, n’a rien compris ». C’est une musique universelle, intemporelle qui se pratique et qui se crée dans le monde entier. Le jazz éthiopien ne ressemble pas à de la Bossa Nova ni au jazz de la Nouvelle Orléans. On peut retrouver des inspirations de jazz partout, dans le hip hop. Vous avez des rappeurs qui peuvent jouer avec des live band de jazz… Il faut respecter tout cela. Il ne s’agit pas de mettre des figures puristes légendaires. Il en faut mais pas seulement. Ce festival ne cesse d’évoluer. Ce sera encore différent l’année prochaine. C’est cela le challenge !

La question de l’inclusivité ?

Nous avons deux thématiques importantes. C’est évidemment accompagner les personnes en situation de handicap mais pas que. Je souhaite aussi que l’on accompagne ceux qui sont empêchés, qui suivent un traitement pour une pathologie ou autre. Nous avons un accueil personnalisé, un espace dédié car j’estime qu’elles ont droit sinon plus encore à avoir la meilleure expérience possible. Nous le déclinons de plusieurs manières, nous équipons les personnes qui en ont besoin de gilets vibrants, par exemple. Nous l’avons fait pour le carnaval avec de l’audiodescription, notamment. Nous le faisons pour tous nos événements car si nous voulons que ce soit populaire et accessible, il faut s’intéresser à tous.

Le deuxième thème qui me paraissait important, ce sont les violences sexistes et sexuelles. Je me suis toujours battu contre cela au Stockfish et maintenant je le fais aussi au Nice Jazz Fest. Je souhaite que tout le monde soit tranquille. Nous avons mis en place un dispositif de safers avec des jeunes qui patrouillent, veillent, regardent. En terme de gestion de sécurité, nous avons aussi une stratégie inflexible : au moindre écart, vous sortez de l’enceinte et êtes remis à la police municipale. Nous faisons également beaucoup de prévention, nous avons des stands d’informations, nous accompagnons… C’est d’ailleurs ce qui a été salué sur cette édition : la bonne ambiance, collective, bon enfant. Je pense que la générosité que nous avons proposé dans l’organisation s’est transformée en énergie positive et communicative.

Que représente ce grand rendez-vous sur la scène internationale ?

Nous sommes dans une approche de conquête avec une ambition extrêmement forte. L’idée est de faire du plus vieux festival de jazz au monde, l’un des plus grand. Il l’a été. Il est grand. Mais il doit devenir le plus grand. Nous avons une stratégie de développement puissante.

Une anecdote ?

Nous avons vécu des moments incroyables mais probablement la préparation du concert de Santa qui a été une épopée avec l’installation de la grue. Je connais désormais par cœur tous les plans du parking de Masséna, les évacuations d’eau… (rire). Le concert offert avec elle suspendue à la grue à son piano… A ce moment, nous avons ressenti un sentiment d’accomplissement avec l’équipe. Ce n’était pas simple à réaliser. Nous y sommes parvenus.

L’année prochaine ?

Rendez-vous les 23, 24, 25 et 26 juillet 2026. Les premiers tickets sont déjà à la vente. Si vous avez aimé 2025, vous allez adorer 2026 !

Billets Nice Jazz Fest 2026 : cliquez ici

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