Quand on emprunte la ligne 1 du tram’ jusqu’à son terminus nord, on descend à une station au nom familier mais plutôt méconnu du grand public : Henri Sappia. Un boulevard porte aussi son nom. Mais qui était cet homme ?
Un passionné d’histoire
Henri Sappia voit le jour à Nice en 1833. Une époque où la ville appartient encore au royaume de Piémont-Sardaigne. Il grandit dans une cité marquée par les influences italiennes et françaises, et observe de près les bouleversements politiques de son époque, notamment l’annexion du Comté de Nice à la France en 1860. Historien autodidacte, écrivain et journaliste, il consacre une grande partie de sa vie à raconter, défendre et transmettre l’histoire locale, à une époque où les identités régionales sont souvent ignorées par l’État central.
Fondateur de la revue Nice Historique
En 1898, il fonde la revue Nice Historique, toujours publiée aujourd’hui par l’Acadèmia Nissarda. Cette revue devient très vite une référence pour les passionnés d’histoire du Comté de Nice, de la Provence et des Alpes-Maritimes. Son objectif ? Préserver la mémoire collective niçoise, remettre en lumière des figures oubliées, dénoncer les erreurs ou les approximations historiques sur sa région, et réaffirmer la richesse culturelle du pays niçois.
Un intellectuel engagé
Républicain convaincu, Henri Sappia est aussi un homme engagé. Il milite pour la reconnaissance des cultures régionales, en particulier face à ce qu’il considère comme une centralisation excessive de l’État français. Ses écrits ne font pas toujours l’unanimité mais témoignent d’une volonté profonde de faire vivre une identité locale forte sans la couper des grands courants de pensée contemporains. Il s’intéresse notamment à la franc-maçonnerie, à la philosophie et aux mouvements républicains.
Un hommage dans l’espace public
Henri Sappia s’éteint à Nice le 29 septembre 1906, à l’âge de 73 ans. Aujourd’hui, son nom reste vivant, notamment grâce à la station de tramway desservant les quartiers nord de la ville mais aussi au boulevard éponyme car s’il est aujourd’hui peu connu du grand public, les érudits et les passionnés de la culture niçoise lui doivent beaucoup.

