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La Brocanterie, la boutique à remonter le temps

Aimant passionnément chiner, Karine Mendes a ouvert, rue de Lépante, un magasin qui lui ressemble. Une boutique-musée remplie de ses « accumulations » et de dépôt-vente qui vous propulse dans les années soixante. Immersion.

« J’aime le bel objet. Celui qui a vécu et qui, rien qu’en le regardant, vous raconte une histoire. » À 53 ans, Karine Mendes a réalisé son rêve : ouvrir, à Nice, un magasin qui lui ressemble. Rue de Lépante, elle a transformé l’ancien commerce de disques tenu pendant des décennies par son père, Jean-Paul Galliano, en un temple des objets d’autrefois. Une sorte de boutique-musée pleine de bibliothèques, de tables, d’étagères, de guéridons sur lesquels sont mis en scène toutes sortes de bibelots, d’ustensiles pratiques ou pas. Ceux que forcément vous avez un jour croisé, touché, palpé, manié, utilisé chez votre grande tante voire arrière-grand-mère.
Pourtant rien ne prédestinait Karine, « niçoise depuis sept générations » souligne-t-elle fièrement, à se lancer ainsi dans la brocante. Diplômée de graphisme publicitaire, elle a bossé pendant 23 ans dans le marketing, puis comme vendeuse dans un magasin d’art « où j’ai appris plein de choses, suivi des tas de formations. » Le hasard s’en est mêlé avec le départ en retraite de son père qui se désolait de laisser derrière lui son commerce vide.  « C’est lui qui m’a demandé : « es-tu sûre de ne pas vouloir ouvrir un magasin à toi et te lancer ? » Cette question m’a trotté dans la tête, avoue-t-elle. D’autant que des marchandises, j’en avais pour m’être livrée tous les week-ends, pendant trois ans, à mon passe-temps favori : chiner à Nice et ailleurs dans la région, mais aussi dans le nord de la France, en Suisse, Belgique, etc. Imaginez, rigole-t-elle, j’ai rempli, à moi toute seule, un garage de 80m2 de vaisselles, vases, tableaux, carafes de cristal, objets de décoration… Il était temps pour moi de présenter toutes mes accumulations. »

« Votre magasin donne la chair de poule ! »

Depuis décembre 2024, Karine a ouvert sa « Brocanterie ». Et ça tourne bien ! Auprès des Niçois comme des touristes, notamment les Anglais, friands de céramiques. Faut dire que les vitrines de Karine vous attirent comme un aimant et dès que vous poussez la porte du magasin, vous avez l’impression de faire un voyage à remonter le temps. De plonger, tête la première, en enfance parce que tous les objets présentés vous parlent. « C’est ce que me disent les clients : « votre magasin donne la chair de poule et ne laisse pas indifférent », sourit-elle avec satisfaction. Parce qu’ils ont retrouvé des objets dont se servaient leurs parents, voire grands-parents.  C’est chouette, ces réactions ! » Et d’expliquer que 70% des articles exposés viennent de ses « accumulations », 30% du dépôt-vente. C’est-à-dire des articles déposés par des particuliers pour être ensuite vendus par Karine. « Bien sûr, à la base, il faut que l’objet me plaise. Peu importe qu’il soit abîmé ou défraîchi. Je fonctionne au coup de cœur même si je dois restaurer l’objet. Je sais peindre, poncer, vernir et même travailler la feuille d’or. C’est mon grand-père qui était doreur qui m’a tout enseigné. »

Dépôt-vente : « essentiellement des femmes »

Pour fixer un prix, Karine fouille les sites Internet et les réseaux sociaux spécialisés. Pour « les belles pièces, comme les bronzes par exemple » elle fait appel à deux commissaires-priseurs – l’un à Nice, l’autre à Antibes – pour établir une estimation.

Qui sont ces clients vendeurs ? « Il y a un peu tous les profils. Des personnes désireuses de vider leur appartement encombré de trop d’objets dont leurs enfants ne veulent pas ; d’autres ont besoin d’argent pour elles, ou leurs enfants. Il y a ceux aussi, qui lassés d’avoir sous les yeux un tableau, un vase veulent néanmoins lui donner un autre cadre d’aventure en prolongeant sa vie par le biais du dépôt-vente, liste Karine. Une chose est sûre : ce sont essentiellement des femmes qui viennent me voir. Sans doute parce qu’elles osent plus. »

Cas par exemple, d’une mamie venue lui apporter une ménagère remplie de couverts en argent. « C’était celle de son mariage célébré fin des années soixante, se souvient Karine. Ses enfants n’en voulant pas, elle s’est séparée de cette ménagère dont elle ne se servait plus et avec l’argent a gâté ses petits- enfants ».

Côté tarifs, il y en a pour tous les budgets : ils débutent à 3€ pour grimper à plus de 200€.
Côté objets, c’est une grande farandole multicolore : vide-poches en verre de Murano datant des années soixante-dix ; carafes pour liqueur faite en barbotine – « c’est de la céramique cuite d’une certaine façon et j’adore ! » – des porte-serviettes en métal argenté des années cinquante, des casse-noix qui ramassent tout, des assiettes, des verres, des tableaux… Pour finir, trônant sur le comptoir, par un magnifique moulin à café à manivelle fleurant bon la nostalgie. « Ah non, celui-là n’est pas à vendre, s’écrie Karine. Il vient de ma grand-mère et il a trouvé, ici, sa juste place. »

INFOS PRATIQUES

La Brocanterie

Pour le dépôt-vente, les personnes intéressées doivent contacter Karine, lui envoyer une photo de l’objet à vendre. Si ce dernier fait l’affaire, deux prix seront alors fixés : le premier est le prix de vente en magasin, le deuxième le prix net revenant au vendeur.

Karine a toute une collection de vide-poches en verre de Murano des années soixante-dix.

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