Si la fortune vous sourit, peut-être aurez-vous alors la chance d’avoir à faire un jour à un généalogiste successoral. Sans doute vous croirez-vous transporté dans une histoire comme il n’en arrive qu’au cinéma. Et pourtant, la chose n’en sera pas moins bel et bien vraie, dans l’ordre des choses de la vie…
Attention, c’est du vécu. Voilà quelques années, la famille de l’auteur de ces lignes recevait un courrier informant certains de ses membres qu’ils allaient être les héritiers d’une illustre inconnue, très lointaine parente jamais vue. Tout cela paraissait fort sujet à caution, d’autant que les termes du courrier n’entraient pas dans tous les éclaircissements nécessaires à une compréhension exacte de la situation. Etait-ce une tentative d’arnaque, une blague ? Comme la suite le démontrerait, il ne s’agissait en fait que de la pure et simple réalité, avec un vrai petit pactole à la clé ! À quoi était due cette aubaine, à qui plutôt ? Aux bons offices d’un généalogiste successoral. À Nice, Laurent Martino exerce cette profession depuis plus de trente ans. Il connaît le métier comme sa poche. Le côté « père-noël des quatre saisons » comme il aime à présenter ses activités, mais aussi l’aspect légal mais non officiellement reconnu de son travail, sans qualification spécifique validée par un diplôme, qui projette autour de sa pratique un halo flou, entre notaire et romancier pour ainsi dire… Mélange de ténacité, d’aridité administrative, de notions de droit et de souffle romanesque pour des mois de procédures et d’investigations qu’il est amené à diligenter, avec son équipe, pour finaliser ses efforts, en vue d’une gratification pour les héritiers retrouvés et pour lui. Tout cet ensemble qui constitue les vertus et les mirages d’une profession en plein essor : au sein de l’agence ADD, l’une des plus importantes du genre en France, Laurent Martino, véritable expert en la matière, est ainsi un généalogiste successoral en bonne et due forme, avisé et heureux.
L’ APPORTEUR D’AFFAIRES
À ce titre, il maîtrise parfaitement les arcanes de sa fonction. « Chacun de nos dossiers est une histoire particulière, au cœur de l’humain, confie ce professionnel aguerri par l’expérience. Entre la sécheresse de la paperasserie que l’on doit compulser et le terreau vivant des histoires qui se racontent entre les lignes de ces documents officiels, notre rôle est de rebattre les cartes du destin en quelque sorte. Soudain, on se présente à un tiers, animé des meilleures intentions à son égard. Encore faut-il que celui-ci saisisse le bienfondé, et l’intérêt, de la démarche… » Car voilà, on est d’abord assez incrédule quand on se retrouve contacté par un généalogiste successoral. Ce dernier n’agit pas par philanthropie, il prendra sa part au passage, entre 15 à 30% de l’héritage selon les cas et les arrangements avec les héritiers. Avant d’en arriver là, à charge pour lui de dénouer tout un écheveau de péripéties, d’étapes vers la réalisation du but à atteindre. Il est l’apporteur d’affaires, comme on dit dans un certain jargon. « On démarre une procédure à partir d’une succession sans héritiers répertoriés, explique Laurent Martino dont l’étude traite une moyenne de plus de cinq cents dossiers par an. À nous de les trouver, s’ils existent ! On peut remonter la généalogie du défunt jusqu’au sixième degré de parenté. Au-delà, la dynamique est caduque. Lorsque l’on a identifié des ayants droit potentiels, on vérifie la dévolution successorale, c’est-à-dire l’authenticité de l’identité et du lien de la personne avec le parent disparu. Au préalable, on mène en ce sens des enquêtes de voisinage, on se rend à la mairie qui a délivré l’acte pour consulter extraits de naissance, aux archives départementales si besoin, les fichiers des palais de justice en option parfois… » On voit ici à l’œuvre les deux faces du métier, la partie juridique et la partie investigation de terrain. Deux termes désignent la répartition des tâches au sein d’une étude de généalogiste successoral. Il y a les régleurs pour le juridique et les chercheurs pour l’investigation. Autant dire des fins limiers dans les deux cas, qui font penser à des détectives démêlant les fils d’une intrigue.

TOMBÉ DES NUES !
Une fois ces préliminaires menés à bien, on entre dans le vif du sujet. Sa légitimité familiale ayant été certifiée, l’héritier est informé par l’envoi d’un courrier sous la forme d’un « contrat de révélation ». Il lui est ainsi notifié par la présente qu’il fait l’objet d’un héritage, sans plus de précisions. Le généalogiste lui fixe le montant du pourcentage de ses droits mais, à ce stade des opérations, conserve par devers lui l’identité du défunt et n’indique pas encore le « chiffre ». Entretenir le mystère ? Que nenni. Tout sera dévoilé au fil du temps selon les termes précis imposés par la loi dans le règlement d’une succession. Alors pourquoi cacher certains éléments de prime abord ? Dissipons un point : un généalogiste successoral n’est pas un huissier en recouvrement de dettes par exemple. Il ne proposera pas un héritage avec un passif à honorer à la charge des héritiers. En revanche, il protège le fruit de son labeur. « L’un des risques du métier, confie Laurent Martino, c’est, à la faveur de nos recherches, d’être doublé par les héritiers. Sur nos indications, ils partent eux-mêmes de leur côté collecter des informations afin de nous évincer de la succession. Ça arrive parfois. C’est pour cela qu’on en dit le moins possible jusqu’à un certain état d’avancement de la procédure… » Lorsque tout se déroule sans écueils, une procuration finale est signée, afin que le généalogiste règle toutes les formalités devant notaire, dans la plus stricte transparence. Sauf complexités, il faut compter environ une année pour conclure et pour recevoir sa part d’un héritage, tombé des nues ! Quant aux biens et aux avoirs d’une succession sans héritiers avérés, ils sont transmis aux Domaines, un service de l’administration fiscale.
Cabinet ADD Laurent Martino / généalogiste successoral à Nice
Affaires conclues !
Classés dans les annales de son étude, Laurent Martino évoque des dossiers retentissants par leur caractère d’exception. Le cas du garagiste des stars et des champions automobiles, Gérard Gombert, qui avait enterré dans sa propriété varoise des voitures et des motos de valeurs. Une vente aux enchères a rapporté aux héritiers qui s’ignoraient près de 2 millions d’euros ! Autre affaire hors norme, la succession de la photographe Dora Maar, « muse » et modèle de Picasso, elle-même artiste à part entière. Après enquête du généalogiste, ils seront trois heureux élus à bénéficier de la manne représentée par un tel legs.

