Chaque vendredi, Nice24.fr vous propose de revenir sur les grands exploits de figures niçoises qui ont marqué le sport français. Attention : cette liste n’est pas exhaustive.
Le 13 mai 1956, les rues étroites de la principauté de Monaco vibrent au rythme des moteurs pour le prestigieux Grand Prix. Sous un soleil printanier, la foule se presse le long du port, sur les balcons et dans les tribunes pour assister à l’une des courses les plus spectaculaires de la saison. Parmi les pilotes engagés, un Français attire l’attention : Jean Behra, le Niçois.
Au volant de sa Maserati, l’intrépide se lance dans une course intense sur ce circuit urbain impitoyable où la moindre erreur peut envoyer une voiture contre les rails. Tour après tour, il se bat avec détermination contre les meilleurs pilotes du monde. Dans l’atmosphère électrique du port de la Principauté, ponctuée par le bruit des moteurs et les cris du public, le pilote fait preuve d’une audace remarquable. La course, mouvementée, est marquée par plusieurs abandons et incidents, ce qui rend la gestion du rythme et la concentration encore plus cruciales. Le Niçois parvient à rester dans le groupe de tête grâce à une conduite précise et combative. À l’arrivée, il grimpe sur le podium, à la troisième place derrière Stirling Moss (vainqueur) et Juan Manuel Fangio. Un résultat prestigieux sur l’un des circuits les plus exigeants de la Formule 1.
Un enfant passionné de mécanique
Né le 16 février 1921 à Nice, Jean Behra grandit dans une famille modeste. Très jeune, il se passionne pour les moteurs et la vitesse. Avant de devenir pilote automobile, il commence sa carrière dans l’univers de la moto, où il se fait rapidement remarquer pour son courage et son style de pilotage agressif. Sa carrière est interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale. Après le conflit, il reprend la compétition. Sa détermination est intacte. Ses talents attirent l’attention des constructeurs automobiles.

Des débuts prometteurs
Au début des années 1950, il passe de la moto à l’automobile et rejoint l’équipe du constructeur français Gordini. C’est avec cette écurie qu’il fait ses premiers tours en Formule 1, en 1952. Même s’il ne dispose pas des moyens des grandes équipes italiennes ou britanniques, Jean Behra impressionne par sa combativité. Il obtient plusieurs podiums et devient rapidement l’un des pilotes français les plus respectés du plateau.
Les années Maserati et les grandes victoires
En 1956, il rejoint la prestigieuse équipe italienne Maserati, où il côtoie les plus grands pilotes de son époque. Il signe plusieurs performances remarquables et de nombreuses victoires dans des courses, très prestigieuses, à l’époque. Parmi ses succès figurent : le Grand Prix de Pau, Bordeaux, Caen ou encore Rouen. Ses résultats font de lui l’un des meilleurs pilotes français du moment.
Courageux et spectaculaire
Réputé pour son style de conduite agressif et sa détermination exceptionnelle, il n’hésite pas à se battre roue contre roue. Sa carrière est également marquée par plusieurs accidents graves. En 1954, il est notamment blessé au visage lors d’un crash, ce qui lui laisse une belle cicatrice. En plus de la Formule 1, il court également en endurance avec Porsche, notamment au célèbre 24 Heures du Mans.
Une fin tragique
Sa carrière se termine tragiquement le 1er août 1959 lors d’une course au Grand Prix d’Allemagne sur le circuit du Nürburgring. Au volant d’une Porsche, il perd le contrôle de sa voiture et heurte un talus. Il disparaît à seulement 38 ans, laissant derrière lui l’image d’un compétiteur acharné et passionné. Aujourd’hui, il demeure une légende du sport automobile français, associé à l’esprit pionnier et héroïque de la Formule 1 des années 50. En mémoire, un boulevard porte son nom et chaque année, l’A.S.A.C. de Nice (Association Sportive de l’Automobile Club) organise un rallye éponyme. Rendez-vous les 12 et 13 juin 2026 pour sa 85e édition.


