Chaque vendredi, Nice24.fr vous propose de revenir sur les grands exploits de figures niçoises qui ont marqué le sport français. Attention : cette liste n’est pas exhaustive.
Sydney. 1er octobre 2000. Ce jour-là, le Niçois Laurent Sciarra entre dans l’histoire du basket français. Et dans la légende olympique.
Malgré la défaite face à la Dream Team américaine, Laurent finit meilleur marqueur de la finale avec 19 points (6 sur 7 aux tirs), assortis de 4 passes et 3 interceptions en 28 minutes de jeu.
Remarquable. Pourtant, le Nissart n’aurait jamais dû fouler les parquets australiens. Numéro 3 dans la hiérarchie des meneurs de jeu derrière Antoine Rigaudeau et Mous Sonko, Laurent s’était même fait une raison. Avant que ce dernier déclare forfait. « Je l’avais accepté, c’était juste. Mais quand Mous s’est blessé, j’ai compris que j’aurais une chance. Il ne fallait pas la laisser passer ». Ne lui reste alors plus que deux combats à remporter pour obtenir son visa au pays des kangourous : vaincre une pubalgie et convaincre le coach Jean-Pierre De Vincenzi, avec lequel le courant ne passe plus. « Je voulais me soigner de mon côté, la fédé ne le souhaitait pas. J’ai tenu bon et suis revenu. Quant au coach, il s’était un peu fourvoyé après l’Euro en se désolidarisant des joueurs. Et puis, comme j’ai fait toutes les sélections des jeunes avec lui, il pensait que je serai ses yeux et ses oreilles dans le groupe. C’est mal me connaître ! Bon, on s’est dit quelques vérités… » Et les Bleus et Laurent Sciarra ont brillé pour leur retour aux JO après seize ans d’absence.
On pouvait pourtant craindre le pire. Une déroute de 37 points lors du dernier match de préparation contre la Serbie. Une quatrième place après la phase de poules. Les Coqs marchaient sur des œufs. Avant que les Canadiens ne leur tombent sur le rable en quart. Une aubaine. « On a vu arriver les deux kinés, comme des fous… On devait jouer La Serbie en quart, et donc rentrer chez nous, et ils nous annoncent que le Canada est en train de les battre. Un miracle. On a regardé ensemble la fin du match. Alors, on s’est parlé. Et tout a changé… »
Les bûcherons canadiens sont sciés en quart (68-63). Deux jours après, les Bleus se mettent les Kangourous australiens dans la poche (76-52).
Et donc, ce dimanche 1er octobre 2000, 13 h 15 heure locale, les Ricains se présentent au SuperDome. Parmi les 14 833 spectateurs, beaucoup poussent derrière le petit poucet tricolore. Malgré cet élan populaire, la Dream Team vire largement en tête à la pause (46-32). Les joueurs NBA déroulent. Chambrent. Fort. Vexés, Risacher, Rigaudeau et, bien sûr, Sciarra arrosent à trois points. Jusqu’à un 76-72 à 4’24 du buzzer. « A ce moment-là, je pense qu’on va les cogner. Mais le coach américain Tomaniovic demande un temps-mort. On s’est relâché et les Ricains ont durci les débats ». Les Bleus échouent de dix points (85-75). » Mais avec les honneurs.
Laurent Sciarra venait d’entrer dans l’histoire du basket français. Et dans la légende olympique. C’était le dimanche 1er octobre 2000…

