L’INTERVIEW DU JOUR AVEC PASCAL THIRIOT
Ce 34e semi-marathon, prévu dimanche 19 avril, le long de la baie des Anges, va battre les records de participation. Sur les rangs, 19 100 coureurs, soit 1 600 de plus que l’an dernier, édition déjà à succès. Rencontre avec Pascal Thiriot, président d’Azur Sport Organisateur, créateur de cet événement sportif.
Dimanche 19 avril, le 34e semi-marathon international de Nice s’invite sur la Prom’. Comme les années précédentes, cette édition se jouera à guichet fermé, le 21 km et le 10 km étant au complet. « Un mois après l’ouverture des inscriptions, tous les dossards sont partis, tous distribués » confirme Pascal Thiriot, président d’Azur Sport Organisation, organisateur de cet événement running. Et d’annoncer 19 100 participants sur la ligne de départ. « C’est un nouveau record ! » s’exclame-t-il. Mais pourquoi un tel emballement pour la course à pied ? Et qui sont ces accros du bitume ? Rencontre.
19 100 dossards distribués, c’est plus que l’an dernier, édition pourtant à succès…
Absolument. L’an dernier, nous étions à 17 500 participants. Ce sont donc 1 600 concurrents de plus. Sur les 19 100 inscrits pour cette 34e édition, 9 000 se sont engagés pour le 21 km, 5 500 pour le 10 km, 2 000 pour le 5 km. Et enfin 600 pour le relais des familles.
Quelle est la course qui a le plus progressé au niveau participation ?
C’est le semi, le 21 km, la course reine. Un mois après l’ouverture des inscriptions, tous les dossards étaient déjà partis. Le 10 km a été complet deux mois après, en février. A ce jour, il ne nous reste quelques places (une centaine) pour le 5 km. Sinon toutes les autres courses affichent complet.
Pourquoi n’augmentez-vous pas le nombre de dossards pour le semi ?
Sur ce parcours établi, tout en bord de mer, c’est impossible sinon il y aurait un embouteillage de coureurs avec les premiers qui rattraperaient les derniers participants. Et de ça, on n’en veut pas. Notre objectif c’est la qualité avant tout. Soigner cet événement pour que les gens prennent du plaisir à courir et reviennent d’une année sur l’autre.
Alors pourquoi ne pas étaler le parcours du 21 km dans la ville pour éviter l’effet embouteillage de concurrents ?
C’est ce qu’on faisait avant. Il y a 30 ans, le tracé du semi était plus dans le cœur de ville. On passait par Gambetta, Jean-Médecin, on est même monté une fois sur la voie rapide pour redescendre par le boulevard de Cimiez… Mais ça, c’était avant les attentats terroristes. Il y a 30 ans, on fermait les rues à vue. Aujourd’hui, on ne peut plus pour des raisons de sécurité. Il faut installer des blocs de béton partout, sans parler du mobilier urbain. Les coûts sont monstrueux. Comme on ne plus se permettre de fermer en même temps la Prom’ et la voie rapide, deux axes majeurs, pour faire passer le semi-marathon. Cela reviendrait à bloquer la ville et à demander aux gens de prendre l’A8 pour se déplacer. Impossible !
Chaque année, le semi fait le plein de sportifs. Qui sont-ils ?
Tout d’abord, notre semi-marathon a été conçu dès l’origine pour être un événement à part entière. Il ne s’agit pas d’une simple course. Nous sommes sur du tourisme sportif, Nice étant une destination évasion à part entière. Du coup, nous avons beaucoup de concurrents étrangers qui viennent des quatre coins de l’Europe pour courir, se faire plaisir et partager aussi un séjour en famille.
Combien sont-ils ces sportifs étrangers ?
20 % en moyenne, soit deux inscrits sur dix. En tête, il y a les Britanniques et les Scandinaves, toujours plus nombreux à venir courir sur la Prom’, puis les Suisses et les Allemands. Viennent ensuite nos voisins Italiens, même s’ils ont aussi beaucoup de courses organisées chez eux. Ensuite, il y a tous les clubs français, d’autres régions, qui viennent pour faire des chronos. Notre semi fait partie des cinq plus grands semi-marathons de France, labellisé « or » par la Fédération française d’athlétisme, pour son parcours très roulant où l’on peut donc faire des performances sportives. La seule difficulté de notre tracé est la petite montée de Rauba Capèu…
Outre les touristes sportifs, les clubs hors région Paca, qui d’autres s’alignent sur ce 34e semi-marathon ?
Nous avons bien sûr tous nos concurrents locaux et ils sont nombreux. Comme nous faisons le plein d’entreprises azuréennes qui inscrivent leurs salariés, pour courir ensemble, défendre leurs couleurs, tout en prenant du plaisir. Nous avons par exemple la Métropole Nice Côte d’Azur, mai aussi des experts-comptables, études notariales, groupements de pharmacies, laboratoires, etc. Pour soigner ces entreprises, nous avons créé un carré VIP avec massages à l’arrivée, séance de respiration et de récupération.
Tout le monde court aujourd’hui. Pourquoi cet engouement, selon vous ? Le running est-il devenu un phénomène de mode ?
C’est vrai que des courses, il y en a partout en France, de diverses distances, ouvertes à tous que l’on soit ou non adeptes de course à pied. Prenez notre 5 km : tout le monde est capable de le faire même en marchant ! Cet engouement pour le running est venu après le Covid. Depuis, on a répété sur tous les tons qu’il faut bouger, faire 10 000 pas par jour. Il y a eu aussi l’effet JO 2024 à Paris. Et puis, courir est le sport le moins cher et le plus simple à pratiquer. Il suffit d’un short et d’une paire de baskets, c’est tout !
La suppression du certificat médical obligatoire – il est remplacé par le PPS, pass prévention santé, avec trois vidéos à regarder – a eu un impact dans cet engouement, selon vous ?
Je n’y crois pas. C’est vrai que pour les étrangers, ce certificat obligatoire équivalait à une consultation chez leur médecin traitant soit 150 à 200€ à débourser. Donc pour eux, le PPS est bien plus pratique. Pour les Français, oui, ça a simplifié les choses sans pour autant booster le running. Pour moi, la raison est ailleurs. Elle repose sur le développement du tourisme sportif, sur le plaisir de courir dans d’autres villes, en levant le nez sur un patrimoine architectural, sur des paysages inconnus, de nouveaux horizons…
Avez-vous des projets ? Une nouvelle course en préparation sur Nice, par exemple ?
J’ai des choses dans les cartons pour 2027. Ce projet s’intercalerait entre la Prom’ Classic de janvier et le semi-marathon d’avril. Mais pour l’instant, c’est encore trop tôt pour en parler.

