Dans la vie, Rakyb Mohamed Radji est sympa, tout sourire. Sur un ring, c’est une tout autre affaire. Le garçon a la gagne chevillée au corps. Normal, c’est un multi-champion qui boxe en professionnel depuis 2022. Il s’apprête à mener un combat décisif le 27 février à Rome, pour conquérir le titre de champion d’Europe EBU Silver.


Il est niçois, né ici, a grandi dans le quartier de l’Ariane où il habite toujours et il va droit au but. « Je fais de la boxe anglaise, le noble art ! », lâche-t-il d’emblée quand on rencontre ce compétiteur poids mouche (maximum 50,8 kilos à la pesée) pour faire son portrait poids plume. Rien qu’en l’entendant dire ces mots, on comprend que Rakyb Mohamed Radji, surnommé Le Rak par ses potes de l’Ariane Boxing Club où il s’entraîne toutes les semaines depuis l’adolescence, est un pur. « J’ai commencé à l’âge de onze ans, raconte le jeune homme qui fêtera ses vingt-sept ans en mars. Jouer à la bagarre pour de faux à l’école, ça me plaisait bien. Un jour, je suis passé devant la salle de boxe du quartier. Je suis entré voir, histoire d’essayer. Le coach m’a vite pris sous son aile. Il m’a fait faire du « shadow boxing », un entraînement comme si tu es face à un adversaire imaginaire. Il m’a trouvé bon. Deux mois après, j’ai gagné mon premier match ! »
CHALLENGER OFFICIEL
Après quoi, le gamin prend vite goût à la chose. Il va devenir champion de France en équipe amateur et noue un lien fort avec son entraîneur au sein du club de l’Ariane, Joubij Doulyassad. « On est comme des frères, sourit Rakyb, j’ai fait tout ce chemin avec lui… » Tout ce chemin qui l’emmène aujourd’hui jusqu’à Rome, où il disputera de haute lutte fin février un match capital pour la suite de sa carrière en circuit professionnel. « Je suis challenger officiel pour le titre européen EBU Silver. Je n’ai pas d’autre choix que de gagner ce combat prévu en douze rounds (sauf en cas de K.-O). J’affronterai l’Italien Manuel Rizzieri. Après avoir perdu mon dernier combat l’été dernier, j’essaie de mettre toutes les chances de mon côté pour remporter la victoire… » Avant cette défaite, Le Rak avait le vent en poupe. Champion de France, champion WBC Méditerranée, son palmarès en tant que boxeur professionnel est éloquent. Alors, simple accident de parcours quand il a perdu il y a quelques mois ? « J’étais trop dans la retenue, pas moi-même, analyse celui-ci. Quand je boxe, je deviens un autre, l’envie de se surpasser te donne des ailes, ma vitesse et ma technique font le reste. Rien n’est jamais gagné d’avance mais faut y aller… »
ÇA VA COGNER !


Dans la perspective de ce nouveau combat en forme de revanche, notre champion s’est jeté à corps perdu dans sa préparation, physique et mentale. Course à pied et renforcement musculaire le matin, entraînement au club le soir, quelques séances de kiné l’après-midi, régime sans gras ni sucre… À l’évocation de ce programme, on tombe dans le cliché gros comme une maison en glissant une allusion à Rocky et ses séquences de remise en forme sur la musique culte du film. Rakyb se marre. « Oui, Rocky, je regardais ça plus jeune avec plaisir mais ce n’est pas un modèle. Pour moi, c’est le boxeur de légende Sugar Ray Leonard qui surpasse tous les autres par son élégance, sa classe… » Retour à l’actu du Rak : dans l’immédiat, celui-ci a surtout la ferme intention de ne pas rater son rendez-vous romain. Il ambitionne de s’ouvrir des portes vers la compétition internationale, de voir son nom en haut de l’affiche. On est de tout cœur avec lui. À toi de jouer, champion !

